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IM 70.3 Maine 2018

                             IronMaine

IM 70.3 Maine : ma meilleure performance et ma pire infortune mais une fin heureuse!

Course principale de l’année, l’Ironman 70.3 de Maine était pour ma part, attendue de longue date. La préparation a été minutieusement appliquée, j’ai étudié la « start list » (liste des athlètes enregistrés au départ). Je note deux ou trois noms qui ressortent du lot dont Laurent G Robert, qui, 2 mois plus tôt avait fini 1min devant moi à l’Ironman 70.3 de Mont Tremblant.

Le pier de Old Orchard

Pour cette course, je suis prêt, l’entraînement c’est intensifié ces dernières semaines et je suis confiant pour faire un chrono qui me donnera une 1ere ou maximum 2eme place dans ma catégorie (ce qui me classerait également sur le podium général, car ma catégorie est la plus compétitive sur ce format de challenge). L’objectif numéro 1 ici est donc de me qualifier pour les championnats du monde Ironman 70.3 en 2019 à Nice, France.

Massage d’avant course

Chaque course Ironman a des places allouées pour une grande finale (les championnats du monde). Pour la distance Ironman 140.6 c’est chaque année à Kona, Hawaii (USA) et pour les IM 70.3 la ville change chaque année. IM 70.3 Maine est la première course de l’année qualificative pour Nice. Mon podium à Tremblant en Juin dernier me permettait de me qualifier pour les mondiaux Ironman 70.3 de cette année (pour 2018 la course étant en Afrique du Sud mon intérêt est moindre que de rentrer au pays pour 2019). Maine offre 30 places qualificatives pour l’ensemble des 2500 athlètes, beaucoup de catégories n’auront qu’une place à se disputer, cette place est allouée aux premiers et je sais que ma catégorie (30/34 ans) est l’une des catégories les plus représentées (en nombre d’athlètes) avec celle des hommes 35/40 ans. Donc généralement ma tranche d’âge offre 2 places. Je ne laisse pas de place à la chance et vise le top 2 de mon groupe d’âge.

Un selfie pour les fans

Pour ce faire, en me basant sur les résultats de l’année précédente je vise environ 30min pour la nage, 2h15 sur le vélo, 1h20 pour le demi -marathon et 5 min de transitions pour un total de 4h10.

Je fais la route Montréal – à Old Orchard Beach le vendredi avec une amie. On y retrouve un autre groupe d’amis avec lesquels on a loué une maison pour nous accueillir tous les 6. Vendredi en fin d’après-midi on s’essaye à la nage dans l’atlantique les vents sont bien présents à cette heure de la journée et les vagues également. L’eau n’est pas aussi froide que dans mes souvenirs et c’est ok de nager sans combinaison, tant que tu nages et reste actif. L’eau n’est pas autant salé qu’ à Hawaii, mais par contre les courants sont bien plus forts, je n’arrive pas à nager le long des bouées déjà installées pour la course de Dimanche, je me retrouve systématiquement déporté de la ligne de course. J’essaye de travailler sur le moment où je peux regarder devant moi pour m’orienter car avec les vagues si tu lèves la tête dans le creux de celles-ci alors c’est peine perdue car la prochaine bouée ne sera pas visible. Le retour vers le rivage demande beaucoup d’énergie et de patience. C’est très frustrant de nager fort et de sentir les courants te tirer  en arrière à se demander si ça sert a quelque chose de travailler si fort pour avoir la sensation de faire du sur place!

 

Un après-midi à la plage

Comme à mon habitude je mange plus que de raison… des assiettes de pâtes qui débordent et je me plains après chaque repas « aahhhh!!!!!! J’ai trop mangé »

On se prépare et on pose les vélos le samedi, on profite un peu de la ville et de la plage. La journée passe vite et je me retrouve au lit vers 22h car le réveil est programmé pour 3h20.

Bay watch

Courte nuit, et dans la pleine pénombre j’entends un bruit qui me sort du sommeil avec fracas, je pense qu’un des gars est tombé de son lit superposé. Je regarde l’heure 3h00. Je ne vais pas me rendormir pour 20min car ce serait encore plus dur de se lever. Donc je me prépare gentiment, j’aime bien prendre mon temps le matin. Petit déjeuner englouti puis on part de la maison à 4h15 juste comme prévu. On arrive sur l’aire de transition vers les 5h pour préparer nos affaires, chaussures de vélo, de course à pied, la nutrition, gonfler les pneus, graisser la chaîne et plein de petits préparatifs… Chacun est dans sa routine de pré-course et au milieu de cette foule on est tous séparés. Je me dirige vers la zone de départ pour tester la température de l’eau, je retrouve deux de mes amis, on nage un 100m d’échauffement pendant que l’hymne américain est joué puis on se place sur la zone de départ au milieu de la plage.

Zone de transition

6h20, dimanche 26 Août 2018, le vent est encore calme ainsi que les vagues, l’animateur au micro hurle le décompte des 10 dernières secondes puis un coup de canon donne le départ de la première vague d’athlètes qui s’élance vers l’océan. Je me suis placé dans la seconde vague : 27 à 30min. Je sais d’expérience que de démarrer sur la plage n’est pas idéal. Tu es au repos en attente le cœur est autour de 50bpm ou 70bpm pour les stressés, tu sprintes comme un dingue sous le feu d’un coup de canon et une fois à bout de souffle (ce qui arrive bien plus rapidement que tu ne le penses) tu te mets à nager tout en essayant de reprendre ton souffle et de faire redescendre le cœur. C’est une très mauvaise idée sauf si tu veux louper ton départ de nage et boire pas mal de flotte tout en faisant une mini crise de panique avec un paquet de types qui te giflent en même temps. Donc ici l’idée est de courir, mais de courir intelligemment. Je me dis que faire monter mon cœur pendant l’échauffement aurait été une bonne idée mais c’est trop tard. Une demi-minute après le départ de la première vague d’environ 50 athlètes arrive notre tour. On s’élance, j’essaye de ne pas partir trop vite mais les autres athlètes autour de toi qui te dépassent n’aident pas à te limiter…  Ajoute le poids de l’eau, la non stabilité du sable et la force des vagues s’écrasant sur toi, des petits détails qui agacent. On court en sortant les pattes sur le côté (type aile de pigeon) afin de faciliter le mouvement du retour de pied en avant, je n’imagine pas ceux qui ont des problèmes de genoux! Je plonge sous les vagues avant qu’elles ne se brisent, puis quand je sens que le cœur est trop haut et que cela sera contre-productif je ne me relève pas et commence ma nage suite à un plongeon. Les deux trois premiers coups de bras je me dis que ça va prendre longtemps avant de redescendre le cœur et de nager propre… mais au final ça n’aura duré que deux trois coup de bras! J’ai bien dosé mon effort et je suis à l’aise (ce n’est pas une promenade dans le parc, ça reste une course, pour un podium avec 2500 autres athlètes énervés).

On s’aligne pour le départ

La nage se passe relativement bien, partant dans les 100 premiers il n’y a pas grand monde autour de moi et très peu de barrage subaquatique. Je continue ma progression en prenant mon mal en patience. Je nage car il faut nager mais ce n’est pas la discipline ou je prends un grand plaisir. Mais c’est correct, j’apprécie tout de même cette portion, puis aujourd’hui ça se passe assez vite. Je sens ma montre qui vibre m’annonçant les premiers 500m de fait. ¼ du parcours nage! Puis un autre 500m et encore un. Je sais qu’il nous reste moins de 500m à parcourir pour boucler ces 1900m de nage, maintenant on nage à contre-courant en essayant de regagner la plage de Old Orchard. Au loin je vois les drapeaux et les spectateurs et je me dis go-go-go. Je ressens également le courant qui me fait littéralement nager sur place! On ne voit pas le fond car L’eau est trop trouble donc cela peut être qu’une impression, mais à bien des reprises cette sensation de pagayer comme un dingue pour ne faire que du sur place est bien présente. Extrêmement frustrant ce ressenti!! Pas grand-chose à faire ici, juste continuer son effort, contre les éléments il faut s’armer de patience, de courage et de ténacité ça va bien finir par pousser dans l’autre sens. Effectivement lorsque les vagues ne se retirent pas elles te poussent et cela fait du bien au moral et aux bras! Les bouées se passent moins vite sur ces derniers 400m mais finalement mes doigts commencent à racler le fond de l’eau! Je me redresse et commence une course/marche pour m’extirper de l’eau encore en essayant de courir tout croche pour le retour aérien au-dessus de l’eau de mes jambes. Je jette un œil sur ma montre et lis 37min. Je me dis que la journée commence vraiment mal et que je suis vraiment nul en natation. Je regarde de nouveau car le chrono me surprend et je lis 27min ! Je suis tellement habitué à nager cette distance en 30min que je ne pensais pas possible de tomber le chrono si bas! Il faut encore s’extirper de l’eau, remonter la plage mais je sais que ça ne va pas me prendre 3min, ce sera donc un temps de nage sous les 30min!

Les triathletes en action

Puis on traverse un bout de la ville pour aller chercher nos vélos, la route pour accéder à la zone de transition est assez longue, on traverse même des voies ferrées et je me réjouis que l’horaire de ma sortie nage ne corresponde pas avec le passage d’un train.

Sortie de la nage

Je saute sur mon vélo, et comme à mon habitude (je n’y coupe pas) je sens que ma roue arrière est à plat! Horreur, malheur, je fais quoi? Ça m’arrive systématique cette sensation, mais là, cela semble réel! Je freine pour m’arrêter, relâche les freins, j’hésite… Et je me dis que si j’hésite alors c’est non. (C’est ma méthode de prise de décisions dans la vie) Dois-je aller à l’hôpital? Est-ce que ça me gêne? Dois-je lui demander? Ce genre de questions ou l’on ne sait pas  trop… Si je dois aller à l’hôpital c’est que la question ne se pose pas! Ici pareil si je dois m’arrêter c’est que le pneu sort de la jante, donc au premier virage qui est dans 20m je serai fixé sur le sort de ma roue arrière. Bref comme à mon habitude ce n’est qu’une sensation! Les virages s’enchaînent bien et je ne repenserai pas à ce pneu de toute la course.

Début du vélo

Objectif 40km/h de moyenne ou plus pendant 90km. Cette vitesse est facile à suivre (pas facile à tenir) mais les calculs des temps de passage sont très simples : chaque 10km en 15min! Donc 20km en 30min, 30km en 45min, etc etc… super simple!

Le premier 10km est réalisé en 15’08’’ le second en 14’44’’ et je surveille ainsi mon rythme chaque 10km pour ajuster le prochain segment en fonction du précédent. Le parcours est très roulant, la route est de très bonne qualité et j’ai un gros paquet d’athlètes (109 personnes) qui nagent bien mieux que moi à rattraper. La remontée se passe bien, je bois mon gatorade (boisson sport) de temps à autre et me force à manger quelques bonbons car je n’ai vraiment pas faim  à cause de mes 3 ou 4 précédents repas…

Je ne toucherais pas à ma bouteille d’eau, et à peine deux petits morceaux d’une barre de céréale, sur les 90km j’aurais mangé un quart d’une barre plus 6 ou 10 bonbons et 1,2L de gatorade. Sur un ravitaillement j’essaye de prendre une bouteille d’eau, je me dis que je peux en boire quelques gorgées et balancer le reste aussitôt, quand tu passes, lancé à plus 40 km/h et frappe la bouteille à pleine main tenue par une bénévole de 11 ou 12 ans immobile ce n’est pas si simple que ça. La bouteille est partie en vrille aussitôt! Au moins, j’aurais essayé!  Je tiens à m’excuser auprès de tous les bénévoles s’ils se sont fait arroser par ma faute!

Suite à ça, une ou deux minutes après ce ravitaillement je me fais doubler par un athlète (première fois depuis le début que je me fais passer) je lis 34 (son âge) sur son mollet. Ni une ni deux mon cerveau allume et je me dis de ne pas le laisser  partir, car il est dans ma catégorie. Je laisse les 10 mètres réglementaires, roule mais un autre me passe (genre 40ans ou plus) et se rabat juste devant moi, il ferme le gap entre lui et le premier compétiteur. je me redresse coupe mon effort et laisse l’espace réglementaire requis. Puis ça continue…. En fait c’est un groupe de 6 athlètes qui roulent en peloton! Seul le premier est réglo, Ce n’est pas bien grave, des tricheurs il y en a partout, et le gars de ma catégorie ne triche pas, lui il fournit l’effort donc je laisse faire. Ce qui m’ennuie c’est que le 6ème est aussi dans ma catégorie… Bref je me retourne j’ai deux athlètes derrière moi qui roulent suffisamment loin;. Je ne traîne pas un ruban à mesurer avec moi mais ça semble correct, rien à voir avec les 5 gars devant qui profitent de l’effort du leader. Ça roule 2 à 3 min comme ça, je garde mes distances, encore une fois impossible de noter précisément les 10m de distance, mais quand tu vois le peloton devant moi il n’y a pas de doute sur la légalité de la situation. Mon but est de garder ce pack à portée de tir et de ne pas le laisser partir.

Au même moment, arrive une moto à mon niveau. Je vois le conducteur, et un arbitre derrière lui. J’opine de la tête pour un bonjour amical et un sourire (j’imagine qu’il s’apprête à sanctionner le peloton devant), l’arbitre sort un carton bleu et me dit « Blue card, stop at the next penality tent » je re-souris cette fois ci en lui montrant toutes mes dents sous l’incohérence de la situation, en pensant à une mauvaise blague. Il me répète Carton bleu, arrête toi à la prochaine tente de pénalité. Je demande pourquoi, montre le groupe compact de 6 cyclistes qui sont à plus de 10m devant mais la moto accélère et part sans me donner de motif. Je l’insulte lui et sa famille sur 4 générations en lui disant de pas trainer proche de la ligne d’arrivée une fois la course finie… Bref carton bleu, ça doit être une pénalité « stop and go » on s’immobilise et on repart aussitôt. Peut-être que la bouteille d’eau au ravito est mal tombée, a rebondi et cela a pu gêner quelqu’un, peut être a t-il jugé que je ne descellerais pas assez vite lorsque je me faisais doubler pour laisser les 10 mètres. Puis la moto s’immobilise au carrefour suivant laissant le peloton de 6 coureurs sans être inquiété!

Grosse incohérence, gros énervement, je suis fort déçu de cet abruti d’arbitre. On passe le carrefour l’athlète derrière moi hurle sur l’arbitre, je comprends que lui aussi s’est fait allumer sans raison. Je garde le groupe de 6 devant moi cette fois-ci j’ai un minimum de 50m de distance…. Ça roule bien je remarque que c’est toujours le même athlète devant ce pack. Puis km 80 je brule une cartouche et passe le pack complet, pousse mon effort sur l’extrême gauche de la route afin de ne pas leur donner un poil de draft. Je me retourne, le trou est fait, je reviens sur mon effort « normal » je sais qu’une poignée de secondes seront suffisantes pour effectuer ma pénalité et partir sur la course à pied avec eux. Je tiens bien la distance sur le pack puis me fait reprendre dans les 2 derniers kilomètres, le même athlète qui mène le groupe me passe, je coupe/relâche l’effort pour lui laisser l’espace réglementaire suffisant, et bien avant un espace de 10m j’en vois un autre qui me passe! Ben là! Je relance mon effort, coupe la route de l’athlète je l’insulte et lui conseille de pas me passer, qu’il a suffisamment profité de  la situation.

Je passe et me fait repasser par le leader du groupe, on a le même niveau en vélo et cela nous tire mutuellement, systématiquement les distances sont respectées, on a même ouvert un gap sur les 5 gars. Avoir su ça plus tôt,  j’aurais volontairement « travaillé » avec lui réglementairement pour faire sauter les 5 autres. La zone de transition arrive, je vois la tente de pénalité, m’y arrête leur donne mon numéro et la couleur du carton reçu.

Verdict 5 min de pénalité.  Je m’effondre, je pleure, je crie, je pleure.

Je sais que ma course est finie, mon objectif d’aller à Nice part avec ces 5min… Ma dernière course en tant que compétition sérieuse… Maintenant que je vais être papa je sais que mes prochaines compétitions je les prendrais relax… Je me reconcentre, j’essaie de me convaincre que ce n’est pas fini, plein de choses peuvent arriver. Les deux gars qui étaient derrière moi arrivent et s’arrêtent eux aussi. Ils me disent que la pénalité c’est n’importe quoi. Moi je ne comprends toujours pas le motif et surtout pourquoi le pack de 5 n’a rien eu  je trouve cela injuste. 5min c’est long… Vraiment long. Pendant tout ce temps je réalise également la difficulté des bénévoles sous la tente.. Leur job est de faire subir des pénalités qu’ils n’ont pas attribuées à des adultes énervés qui méritent ou non leur peine. Je m’excuse de mon attitude d’enfant, avoir pleuré devant eux créant un malaise, et eux me remercient d’être resté polis et de ne pas les avoir insulté comme nombreux le font..

Puis finalement je suis relâché, je pose le vélo et pars courir. Je sais que les gars ici présents sont rapides. 36 athlètes sont encore devant moi dont 13 dans ma catégorie…

Comme ils disent en Québécois, j’l’ai en chienne cette pénalité! Donc je cours en tabernacle. Le circuit est vraiment sympa, on a deux boucles à faire. Je le pensais beaucoup plus plat je suis surpris par tous les faux plats présents. Je rattrape petit à petit pas mal de concurrents. Le soleil et la chaleur se font ressentir de plus en plus. Je vois le leader de l’Ironman et pas besoin de faire de calcul il a une avance que je ne pourrais combler, je reconnais également Laurent Robert, qui semble dans le dur, ce qui me motive encore plus d’aller le chercher. Je passe le kilomètre 10 en 38min, et j’attaque la seconde boucle. Nombreux sont les participants sur cette deuxième boucle car beaucoup en sont à leur premier tour, il est maintenant difficile de distinguer qui en est où.

Même dans les montées ça semble aller vite

Puis je reconnais vers le km 15 le gars de mon groupe d’âge qui roulait bien sur le vélo, je le passe, puis km 17 l’autre gars de mon groupe d’âge qui profitait du draft du peloton (Numero de dossard 1345, Gabe Dakowicz, pour ne pas le citer). Finalement un peu de justice! Certains endroits sont assez étroits et c’est difficile de doubler (personne ne me doublera par contre). Finalement je passe l’arche d’arrivée avec un super chrono pour le demi marathon, meilleur chrono de course à pied de mon groupe d’âge, mais fort déçu du résultat final. J’aurais tout de même passé 28 triathlètes sur la course à pied.

Les derniers 50m

Sur la ligne je vois un ami qui était là en spectateur, on regarde les résultats sur son téléphone, et l’horreur, je me place 8ème général, et 4ème de ma catégorie. J’accuse 1 minute et 50 secondes de retard sur le second de ma catégorie! Moins de 2min de mon objectif principal moins de 5 min du podium général.

En passant la ligne

Je repars chercher mes affaires, je pleure toujours fort déçu, je ne comprends pas pourquoi se faire mal ainsi, investir autant, pour louper son objectif de la sorte. Je ressens vraiment un sentiment d’injustice. Je fais mon deuil en quelques minutes puis je suis, et encourage mes amis qui sont toujours en course. Je croise lors d’un de mes nombreux aller et retour Laurent Robert qui finit 3eme dans mon groupe d’âge, on jase un peu et il me dit que lui n’est pas intéressé pour un place aux championnats du monde en 2019 (il a déjà d’autres impératifs). Une lueur d’espoir renaît en moi!

Si un des deux premiers de ma catégorie refuse également sa place, alors j’ai une petite chance (si Ironman offre 2 places dans mon groupe) d’avoir ma place. Cela fait encore beaucoup de « si » à éliminer. Mes amis arrivent au compte goutte, on se félicite, on se raconte nos anecdotes, puis 15h arrivent enfin. Ayant fini ma course vers 10h30 je trouvais le temps long! La cérémonie des podiums est interminable…. Arrive mon groupe d’âge, on se rend sur le podium, et le 2nd n’est pas présent! Est-ce qu’il est déjà rentré chez lui? (option la plus probable, mais pas la seule). Donc mes chances augmentent! La probabilité qu’il soit parti se restaurer  et qu’il se pointe plus tard pour réclamer son trophée et son slot (place pour Nice) et grande aussi. Puis le vainqueur du haut de la première marche nous annonce qu’il ne prendra pas sa place! Lorsqu’il redescend on se serre la main et je le serre fort dans mes bras en le remerciant. Très ému, des larmes de joie coulent sur mes joues,  mes amis dans la foule comprennent alors ce qui se passe même s’ils ne peuvent entendre notre conversation. Marie Ève se met à pleurer également en me serrant dans ses bras. Puis j’attends patiemment la répartition des lots… plus d’une heure s’écoule pour qu’arrive mon groupe d’âge, ils appellent le premier (qui est déjà rentré chez lui, une fois, deux fois, trois fois, suivant, ils appellent le second, même scénario, pour Laurent pareil, puis enfin mon nom! Délivrance, et je file chercher et payer mon inscription pour les championnats du monde Ironman 70.3 de Nice 2019.

Podium

 

Je retourne en ville trouver mon autre groupe d’amis qui était resté dans le centre. Je leur annonce la nouvelle, tout le monde est vraiment content,  Émilie saute partout et se met à pleurer aussi!

J’ai finalement eu ce que j’étais venu chercher

6h de route nous attendent pour retourner à Montréal, une longue route surtout quand on est debout depuis 3h du matin, un demi IM de logé, et une journée pleine de hauts de et de bas, avec beaucoup d’émotions et de bonheurs partagés.

Prochain achat?

 

Ironman 70.3 Mont Tremblant 2018

Premier triathlon de l’année, gros enjeux et beaucoup de doutes!

photo de Marie Ève

Préambule

Mont Tremblant est la référence pour tous les afficionados du triathlon au Québec. Le parcours est tout un défi de par son dénivelé, le décor est magnifique et l’emplacement est idéal. Tout cela fait que la compétition y est particulièrement féroce. L’enjeu est « gros » car l’an passé j’ai réalisé une belle performance et suis monté sur la boîte (3ème place), donc tous mes amis et proches n’en attendent pas moins pour cette édition 2018… Étant le triathlon le plus populaire du Québec, bien entendu, la majorité de mes amis triathlètes sont présents et même ceux de Boston ont fait le déplacement pour, eux aussi, y participer.

Avec Lindsey de Boston!

Niveau entrainements j’accuse un retard par rapport à l’année dernière de 400km en course à pied, 2500km de moins en vélo et 200km de retard en nage!!! Impressionnant comment en 2017 j’ai réussi à loger tout ça!  Donc c’est avec une certaine appréhension que j’aborde cette compétition mais je vise tout de même une belle performance : je vais essayer d’égaler mon précédent résultat (4h20). L’an passé le vélo ne s’était pas passé comme prévu donc cette année je vise le chrono loupé de l’an dernier (2h20). Cette année également, les chronos en course à pied passent mieux que ceux de 2017, c’est sur la course à pied où je n’ai aucun doute pour cette course. Donc à minima je réitère mon semi en 1h20! Puis par contre pour la nage c’est « sauve qui peut » car sur cette discipline l’entrainement est vraiment minimaliste cette année (200km de moins que l’année dernière!!!!).

Selfie avec une pro!

Pré-course

Un événement IM ça prend 2 jours et demi. Donc on arrive sur les lieux du crime le Vendredi en début d’après-midi, on prend nos dossards, les autocollants pour mettre sur le vélo, on mange des pâtes midi et soir, on nage relaxe, ajuste le vélo tous les jours et ce jusqu’au samedi. La météo est belle pas de stress, l’ambiance est électrique on a tous hâte d’être Dimanche matin. Je pose le vélo Samedi vers 14h, je lui souhaite une bonne journée ainsi qu’une bonne nuit et direction la plage du lac pour une dernière nage relaxe. S’en suit un repos au chalet de 16h jusqu’au petit matin.

En bout de première ligne
Seulement pour les athlètes pro! #jaloux

Course

Réveille 4h, pti déj, et à 4h30 on est dans le char. 5h nous sommes devant l’aire de transition qui n’ouvre qu’à 5h15. C’est bien la première fois que j’arrive avant que la zone de transition ne soit ouverte, pour dire l’anxiété! On installe nos petites affaires et en route pour l’aire de départ.

Préparatifs du matin

Échauffement rapide (100m à peine), hymne national, jets supersoniques puis départ des pros. 4 pipis avant le départ, je me rappelle que l’an passé j’avais du pisser 3 ou 4 fois sur le vélo et je sens encore le même scénario se reproduire vu le rythme où cela commence. Je me place avec un ami derrière 50 athlètes. J’espère sortir de l’eau autour des 30min (un peu comme l’an passé). On se jette dans l’eau, je me cale dans les pieds/bulles d’un autre athlète. Je nagerai 50% dans le draft de quelqu’un et 50% seul, ça se passe bien, je sais que l’effort est tenable mais je reste sur ce rythme d’endurance sans pousser trop fort. Le temps passe pas vite mais à force de patience je commence à apercevoir le fond du lac, je me dis que la terre ferme est pas loin. Puis lorsque mes doigts grattent le fond je me redresse et m’extirpe de l’eau. Ma montre affiche 29’59’’ bien content de ma nage le chrono officiel annonce 30’30’’ le temps de passer sur le capteur physique posé au sol.

Jolie vue des nageurs en action dans le lac
Sortie de l’eau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’attrape le vélo, saute dessus et c’est parti pour 90km. Sur cette portion, l’objectif (optimiste) est de tenir 38km/h de moyenne soit 2h20 pour les 90km. Le parcours est borné chaque 10km comme habituellement et ma montre GPS sonne tous les 10km en affichant mon chrono sur ces 10km. Je sais que pour tenir ma moyenne je dois passer chaque 10km entre 15 et 16 minutes.

J’essaye de ratrapper mon retard

Les premières minutes sur le vélo sont un peu bizarres. Je remarque souvent cette sensation au début de la portion vélo d’un triathlon : Les premiers kilomètres paraissent lents, je me demande si je n’ai pas un pneu à plat car j’ai constamment l’impression de forcer sans aucune impression de vitesse. Cela doit être dû au temps d’activation des quadriceps et des muscles jambiers en général, plus le sang qui doit principalement alimenter les épaules et le haut du corps suite à la nage. Je n’ai pas la sensation de vitesse pourtant, je ne me fais pas dépasser. La borne « 10km » arrive la montre bip et affiche 15’03’’ je me dis que c’est parfait, je ne transpire toujours pas, mais la combinaison sèche. Nous sommes maintenant sur l’autoroute, je commence à grignoter un peu et continue sur mon allure. Je passe le km 20 en 31min juste comme prévu. Maintenant les gouttes de sueurs ruissellent sous le casque mais j’ai connu bien pire, ce n’est pas encore une pluie tropicale à l’intérieur du casque comme les grosses journées chaudes et humides du climat Québécois. Le Km 30 passe en 46’50’’, km 40 en 1h02. C’est vraiment agréable lorsque tout se passe comme prévu selon le plan! Je roule bien et ne force pas outre mesure, je regrette même maintenant de ne pas avoir poussé plus fort que ça, car j’ai « l’impression » d’être resté dans ma zone de confort tout au long de la course. Km 50 passe en 1h16 (j’ai donc 2min d’avance sur ma cible), j’en profite et j’essaye de ne pas perdre cette avance. Un athlète me passe, il a une combinaison de L’équipe nationale du Canada avec son nom « Boule » tagué dessus et j’essaie de me caler à son rythme, je le garderai en point de mire pendant 10km mais il roule bien trop fort pour moi pour le garder à portée de vue. (Cet athlète remporte le triathlon chez les groupes d’âges en 4h04). Km 60 est passé en 1h31, j’ai toujours mes 2min d’avance. Un autre athlète me passe, il est d’un profil grand, lourd et puissant. Une combinaison nationale également représentant le pays « AUS » Je me questionne si c’est l’Autriche ou l’Australie et essaye tant bien que mal de ne pas le perdre de vue. Sur le plat sa vitesse et intenable pour moi, mais je le rattrape et le passe systématiquement dans chaque montée. On joue au chat et à la souris pendant 20km, il me dépose et s’en va quelques minutes avant les 20 derniers kilomètres : Le Chemin Duplessis.

à l’entrée du Ch Duplessis

Cette portion est la hantise de la majorité des participants d’aujourd’hui, personne ne peut ignorer ce morceau de route. Rien de plat pendant 20km, en fin de parcours. Ma partie préférée. Je me suis préservé 70km juste pour m’exprimer ici. De surcroît ce petit chemin est rempli de spectateurs qui te hurlent dessus! Des sensations d’étape du tour de France (même si j’ai jamais connu ça en tant que coureur). Tous ces petits détails mis bout à bout font que dès l’entrée dans le chemin Duplessis je suis debout sur le vélo à la limite d’arracher mon guidon tellement je tire fort dessus et je dépasse tous les athlètes devant moi qui se contentent de me regarder passer.

Faut le prendre relax de temps à autres

Je rattrape peu à peu l’athlète « AUS » puis le dépasse finalement dans l’une des nombreuses bosses. Le km 80 passe en 2h05 (1min d’avance sur mon chrono cible). Et je lâche ce qu’il me reste d’énergie pour les 10 derniers kilomètres. Finalement dans les 300 derniers mètres l’ « AUS » me repasse et je prends ça comme un challenge! Vu sa carrure il part avec un handicap sur la course à pied.

Dans Duplessis le sticker sur ma roue pleine s’est déchiré #rouletropvite!

Je pose mon vélo en 2h18 soit 38.6km/h de moyenne. Je suis vraiment satisfait. J’ai une place pour accrocher mon vélo en bout de première rangée, une place VIP, vraiment la meilleure place de tout le parc à vélo! Je réalise rapidement que 30 min de nage (plus ou moins) + 2h18 de vélo alors je n’ai pas besoin de forcer pour ma course à pied pour aller chercher le podium. Je n’ai pas la mentalité à me faire mal si ce n’est pas nécessaire. Donc parti sur cette base là je cours sur un bon rythme mais pas sur un rythme effréné pour aller chercher une première place…

Derniers km de vélo

L’athlète « AUS » sort 10 mètres devant moi à pied et 10 mètres plus loin je suis devant, je ne le reverrai pas de la journée, le challenge a été de courte durée. Je vois 4 athlètes devant assez éloignés qui courent sur un bon rythme, et au 5ème kilomètre je les aurai passé tous les 4.

hop
hop
hop

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De légères douleurs à l’estomac sont présentes pour les deux trois premiers kilomètres mais rien de trop dérangeant je sens et espère que ça va passer vite, surement du à mes barres de céréales sur le vélo que je n’ai pas assez mastiqué ou prises trop tard? Mais effectivement cela ne durera que 2 ou 3 km.

ça semble être un rythme correct
Pas pire non plus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 7 premiers kilomètres sont couru en 3’45’’/km, religieusement 3’45’’! Puis la monotonie du parcours ou la lassitude d’être seul, les km 8 à 16 sont couru en 3’50’’ ou 4’/km! Mais personne ne me double et je double les athlètes (Hommes et femmes) professionnels partis 5 à 10min avant nous les groupes d’âges. On ressort du petit train du nord, alors je retrouve des côtes, des spectateurs et mon rythme de 3’45’’/km pour les 4 derniers kilomètres. Je suis pourtant assez à l’aise (je ne suis pas facile hein! Mais quand même confortable). Je discute quelques mots lorsque je passe quelqu’un, remercie les bénévoles qui nous fournissent des ravitaillements et également les personnes qui encouragent. Je croise nombreux de mes amis qui courent en sens inverse, on se tape dans la main, on s’encourage et toujours avec un grand sourire. Le dernier kilomètre je pousse finalement fort dans les deux dernières montées et souffle fort (malgré que nul besoin) surement pour casser un peu la monotonie majoritairement silencieuse de toute ma course ou bien surement pour me faire remarquer car les gens s’écrient à m’entendre souffler ainsi et m’encouragent encore plus!

Je passe la ligne d’arrivée assez frais comparé aux autres compétiteurs autour de moi en 4h14, le speaker annonce que je me place quatrième de mon groupe d’âge. Je me sens nul, moi qui ai couru sans me faire mal pour me placer 4ème… Quel nul! Je suis fort déçu de ne pas être sorti de ma zone de confort, même pas capable de monter sur la boite avec un temps de 4h14! Je trouve une personne jouant sur son téléphone et lui demande de regarder les résultats en direct en rentrant mon numéro de dossard. Nous découvrons alors que je me place 2nd à 68 secondes du 1er et 2 secondes devant le 3ème! Je me sens un peu mieux tout de même et retrouve le sourire, bien que légèrement déçu de ne pas m’être battu pour courir 2min plus rapide! Mais pendant la course il n’est pas possible de savoir où l’on se situe alors c’est difficile de jauger son effort. Je cours tout de même le demi marathon en 1h21 (1min plus lent que l’an passé, alors que j’ai pourtant progressé en course à pied, mais l’année dernière je savais que j’étais en retard sur mon chrono espéré).

Poduim 30-34 ans

Je vais me faire masser avec comme voisin de table de massage Brent McMahon qui termine 3ème professionnel en 3h45! On se retrouve avec les amis sous la tente de récupération, on se prend dans les bras, on se tape dans le dos, on se félicite et on mange une poutine. Encore une belle édition de l’Ironman 70.3 de Mont Tremblant.

Lyndz
Suz et Mark
Avec le sourire apres l’effort!

 

Récupération des vélos, cérémonie des récompenses et retour à la maison. Le lendemain et les jours suivants pas ou très peu de courbatures! La préparation a encore été optimale!

Trophé

Pour la bouffe le jour de la course:

Petit déjeuner entre 4h et 4h30 :

  • 1/2 litre de jus de betterave
  • 2 cafés,
  • Une demi-baguette avec beurre de peanuts (Crunchy of course) + confitures,
  • Une part de pecan pie, (Merci mademoiselle pour la tarte)
  • 1 red bull, 1 gatorade.

Ensuite, un gel 10min avant la nage.

Sur le vélo, j’ai mis dans ma bento box (boite sur le cadre) 2 barres de céréales (cliff bar) en morceaux (même taille que des pop-corn) donc vraiment morceler les barres et tout mettre, sans aucun papier dans la bento box + un sachet (sans le papier) des cliff blocs. La stratégie était de manger les morceaux de barres de céréales pendant les 90 premières minutes et les blocs sur la dernière heure (les blocs sont moins lourd a digérer que les barres). Plus un litre de gatorade et un litre d’eau sur l’ensemble du parcours vélo.

J’aime le comparatif au popcorn car le concept est fabuleux, le film au cinéma n’est toujours pas commencé que le paquet de pop-corn est déjà vide! Fantastique concept! Donc j’applique les mêmes règles :

  • Avoir ça juste sous le nez,
  • Zéro papier,
  • Petit format de bouchées.

Au final j’aurais mangé 1 barre et demie plus la moitié des cliff blocs. J’ai eu une légère gène sur les premiers 1500m de la course à pied mais rien de méchant ça ne m’a pas empêché de tenir un 3’45’’ dès les premiers kilomètres. Cela est plus dû au fait que je ne mastique pas assez, même si les bouchées sont petites il faut vraiment mastiquer + saliver ou boire en même temps pour aider la digestion.

Sur la course à pied comme d’habitude, 1 gel aux 8km, une gorgée d’eau à chaque ravito.

Conseil pratique : Si tu adopte cette solution, bien nettoyer la bento box par la suite si tu laisses ton vélo coucher dehors car sinon les écureuils vont venir te la bouffer :

Free buffet!

Le marathon de Boston 2018

Disclaimer: Seulement 3 photographies sont de moi, le reste sont des images “libre d’accès” présentes sur les médias sociaux.

C’est avec une grande excitation et quelques attentes que je retourne pour la seconde année consécutive à Boston y courir le marathon. En 2017 on a eu un bon coup de chaud qui a fait exploser de nombreux coureurs. Pour ma part, je m’y étais préparé principalement sur tapis roulant dans un gym chauffé, la chaleur ressentie lors de la course ne m’avait alors pas pénalisée.

Comme on ne change pas une méthode gagnante, je remets le couvert pour 2018, sensiblement la même préparation. Le volume est bien moins important qu’en 2017 (3 à 4 courses à pied par semaine cette année, contre 6 à 7 par semaine en 2017) mais les entraînements clés passent bien, je pense pouvoir être un peu plus rapide d’une ou deux minutes sur mon chrono 2017.

Je n’ai pas d’objectif défini sauf profiter de la course, ici ma stratégie est de partir sur une base de 4min/km (2h50min finish) sur les 21 premiers kilomètres, puis, si tout va bien alors j’essayerais d’accélérer encore pour faire la seconde moitié un peu plus rapide que la première pour passer la ligne sous les 2h50min.

Le rythme de 4min/km est facile à contrôler, c’est exactement 15km/h, chaque 5km doit être fait en 20min. chaque 10km en 40min etc… 1h pour 15km et 2h pour 30km… Donc très facile de suivre son évolution sans avoir à noter et consulter tous ces temps de passages.

J’arrive à Boston le Vendredi, un beau 20 degrés Celsius, retrait des dossards, je rencontre des amis que je n’avais pas vus depuis Hawaii, on rattrape le temps perdu et déjà les prévisions météorologiques sont alarmantes.

le gars derrière semble bien heureux

Le Samedi la température atteint son maximum à 10 degrés Celsius, je fais du tourisme pour visiter la ville et ses alentours (MIT, Harvard).

Le Dimanche il fait entre 0 et +2degrés, avec quelques flocons de neige! Les prévisions annoncent un marathon avec 100% de chances de pluies du début à la fin, et la température entre 4 et 7 degrés. Je me dis que la température est ok, pas idéale, mais une fois que tu cours ça va aller.

Donc dimanche soir je sors acheter un poncho pour que je puisse rester au sec avant le départ pour m’en débarrasser plus tard sur la ligne de départ.

Lundi, petit déj léger à 6hrs du matin, 7h30 je monte dans le bus, 8hrs second petit déj, 9h30 j’arrive sur la ligne de départ sous une pluie battante et un vent (de face) avec des rafales à 84km/h, du pur bonheur!

Une ostie de belle journée, câline!

Les coureurs élites sont en place, ¾ d’entre eux ont des gants + vestes, c’est bien la première fois que je vois des athlètes pro prendre le départ d’une course ainsi habillés, eux qui chauffent très rapidement! Je me dis qu’ils vont surement balancer leurs vêtements sur le parcours car ils ne payent pas ces derniers. Nombreux sont ceux qui sont en short et t-shirt sans manche et claquent des dents, frissonnent de partout alors que l’on a encore 30min à attendre sous cette pluie sans bouger. Pour eux, je sais que leur course s’arrête ici, ils ont tellement d’espoir de performer pour partir vêtu ainsi, mais ils ne réalisent pas les effets du froid! (je ne réaliserai moi-même que trop tard que je n’ai pas non plus adopté la bonne stratégie vestimentaire).

A 30 secondes du départ je me débarrasse de mon poncho, et avec mon ami Justin on commence notre aventure Boston 2018! Bien entendu les deux pieds sont trempés depuis plusieurs minutes mais je ne vais pas changer de chaussures + chaussettes sur la ligne de départ comme d’autres coureurs car de toutes façons il faudrait répéter le processus chaque 5min.

L’ambiance est plutôt bonne, tout le monde sait qu’on ne peut rien n’y faire, il pleut il fait froid c’est ainsi, tu t’adaptes. Le seul point négatif est  dû à l’organisation (26 948 coureurs) il faut être présent à minima 30min avant le départ et attendre sous la pluie dans le froid.

Sur la première heure le sourrire est encore là

Sans m’en rendre compte la montre sonne le 5ème kilomètre, je la regarde, et lis 00:20:02. Juste dans le temps escompté. J’annonce à Justin que l’on est bien sur le rythme voulu et que je n’ai pas vu passer ces 5 premiers kilomètres. Pareil pour lui!

Je suis facile dans mon effort, pas essoufflé du tout, d’ailleurs on discutera la majeure partie du temps avec Justin. Nombreux sont les spectateurs tout le long du parcours qui ne se démotivent  pas sous cette pluie battante et ce vent incessant.

Arrive le 8eme kilomètre, je me rappelle de manger un gel (chaque 8km). Je n’ai vraiment pas faim. Je trouve cela d’ailleurs bizarre par ce froid, mais je ne me pose pas plus de question et avale le gel. Puis le 10eme kilomètre est passé en 00 :39 :46. Toujours le sourire et l’effort facile!

Le prochain ravitaillement est au kilomètre 19, je devrais selon mon plan prendre un gel au 16ème mais pas trop le choix. Les jambes commencent à se raidir, le vent nous malmène et les spectateurs nous portent grâce à leurs encouragements.  Je reste surpris du nombre de supporters et de leur soutien malgré les conditions. Chaque mile semble être le dernier tellement l’ambiance est intense. Arrive le 19ème kilomètre, je fais signe au bénévole que je veux 3 gels, elle m’en tend 3 que j’attrape au vol. J’en place 2 dans ma poche pour finir la course sans trouble et mange le 3eme. L’action de mettre mes gels dans la poche minimaliste de mon short trempé est assez ardue tout en essayant de maintenir un rythme de course décent mais avec pas mal de patience j’y arrive enfin! Je rattrape mon compagnon de course, on passe la marque de la moitié du parcours, 21.1km en 01 :25 :03 soit tout juste dans l’objectif. Le moral est bon, on continue de discuter avec Justin, mes jambes sont vraiment raides, surtout au niveau des quadriceps, les mollets vont bien, le souffle est léger et je n’ai toujours pas la sensation de transpirer. Une envie de pipi me tient depuis quelques kilomètres mais, étant sur le bon rythme je me résigne à ne pas arrêter et me retiens.

Le 25ème passe en 01 :40 :56 , soit 56 secondes de retard. Rien d’alarmant mais on sent le rythme baisser la raideur dans les jambes augmenter et l’envie de pisser s’aggraver.

Ben non, ça va pas en s’améliorant

Je vois arriver le mur du 30ème à quelques mètres de la marque, je vois mon chrono afficher 02 :01 :XX je me dis que je suis à plus d’une minute de retard et que de toutes façons ce retard ne va faire que s’aggraver. J’ai déjà abandonné la lutte au chrono dans ma tête. Je décide de ne pas me faire mal, et de rester lucide pour garder un minimum de plaisir. Il faut en plus que je conduise 5hrs après le marathon sous la pluie pour rentrer à Montréal! Juste avant le 30ème je m’arrête dans une toilette portative pour soulager ma vessie. Une fois dans la cabine j’ai l’impression d’être sur un bateau malmené. Plusieurs fois je me dis « non tu es sur le terre ferme, cela ne tangue pas ». Mais mes jambes essayent tant bien que mal d’amortir ce tangage, je visualise la cabine posée sur l’herbe afin de me persuader que non cela ne bouge pas mais rien à faire si je ne m’accroche pas à la paroi je tomberais. Bref 2 ou 3min de perdues mais qui me font réaliser que la situation n’est pas optimale!

Je retourne dans le paquet de coureurs, passe la marque des 30km en 02 :03 :55. Justin est devant et je n’essaye même pas de le rattraper. Pour les 12 derniers kilomètres c’est un rythme d’endurance/récupération que j’arriverai à tenir, entre 4min20sec et 4min30sec par kilomètre. Je connaîtrais pour la première fois ce que les coureurs qui frappent le mur subissent. La sensation de se faire doubler sans pouvoir rien faire, et se contenter de sauver les meubles! Je double encore pas mal. Nombreux sont ceux qui ont étés frappés par ce mur bien plus fort que moi. Au kilomètre 34 ou 36 arrive une zone de ravitaillement, je tends la main pour attraper un gel, mes doigts ne se ferment pas et je frappe les gels 1 par 1 qui tombent sous mes yeux et le regard des bénévoles sans pouvoir en attraper 1 seul. Je comprends alors que je suis gelé. Pour corriger le tir je me sers de mes deux bras pour que  mes deux mains puissent pinçer le gel et partir avec.

ça s’est pas amélioré

Arrive le 40ème kilomètre, je le passe en 02 :48 :38. L’an passé il ne me restait alors que 500 mètres à parcourir avec ce chrono là! Encore 2 195mètres à parcourir et je me dis que « sauver les meubles » peut signifier passer sous les 3hrs. Je fais du mieux que je peux, grimace beaucoup et arrive finalement à franchir cette ligne libératrice en 2h59min22sec (Strava annonce 2hrs57, car il enlève le temps immobile de la pause pipi).

bon rythme jusqu’au 25ème, puis la pause pipi du 30ème a plombé la moyenne!

Je retrouve Justin qui a fini 5min avant moi, puis on récupère nos affaires pour espérer se changer au plus vite, mais avec cette concentration de coureurs rien ne se passe rapidement. Je claque des dents à me les casser et frissonne comme je n’en ai jamais eu le souvenir, mais on se raisonne et on prend son mal en patience, puis finalement je récupère mes affaires, je trouve un bus chauffé pour me changer des pieds à la tête.

Gla Gla Gla

Je ne m’arrêterai pas prendre de photo, ne retrouverai aucun de mes amis, je file directement prendre le métro, retrouver ma voiture et en route pour Montréal et on oublie ça. Je suis quand même satisfait de ma course, même si déçu des conditions mais surtout frustré d’avoir suivi un entraînement si long et si contraignant pour ne pas être capable de convertir l’ensemble de ces efforts en performance qui nous rend si fier.

Les chronos sont vraiment lents pour cette édition 2018! 2h15 pour les hommes (un groupe d’âge remporte l’épreuve bien devant les élites kényans ou des USA) pour les femmes c’est couru en 2h39 (elles visaient 2h20).

Courbaturé et fiers de ma médaille

L’analyse à froid :

Je regarde les données enregistrées par ma montre et à ma grande surprise mon cardio n’a pas dépassé les 140bpm! Pire encore, ma moyenne cardiaque pour le marathon est de 122bpm! Un rythme de marche digestive d’un dimanche festif! Là je me doute que je devais être en hypothermie (très légère) avant le départ. Normalement pour moi un marathon, je le cours entre 150bpm et 160bpm. Pour Boston, le corps est passé en mode préservation/sauvegarde comme un réflexe naturel de survie pour que je ne puisse pas me mettre en danger. Ici la stratégie était d’arriver entièrement couvert (sur-veste et sur-pantalon) et de jeter le tout au départ, en gardant une veste coupe-vent anti-pluie plus gants sur toute la course. Éventuellement avoir un thermos de thé chaud avec soit (qu’il faudrait également balancer).

 

Championnats du monde Ironman 140.6 à Kailua-Kona le 14 Octobre 2017

Kailua-Kona, Samedi 14 Octobre 2017, le réveil sonne à 4hrs comme pour toutes mes courses Ironman. Petit déjeuner et j’enfile ma tenue de combat pour la journée, on n’oublie pas la nourriture et la boisson pour mettre sur le vélo et direction la jetée de Kailua-Kona où se trouve la zone de transition, le départ et l’arrivée pour ma course.

la jetée de Kailua-Kona

Très excité d’être ici mais à la fois un peu déçu de ne pas être spectateur (car c’est la première fois où la course professionnelle va comporter de nombreux rebondissements et je serai spolié de l’issue de la course avant même de la finir) !

Pour cette course l’objectif principal est de prendre du plaisir, finir sans se mettre dans le rouge, finir avant le coucher du soleil (qui est splendide chaque fin de journée). Lors de mon précédent Ironman, IM Lake Placid, j’étais tellement concentré sur la performance, la réussite et le résultat que je n’ai pas pris le temps de profiter suffisamment de la course.

Pour Kona c’est simple niveau vestimentaire, même si la météo est pourrie ce sont des températures tropicales donc c’est minimaliste au possible, pas question de veste ou de manche. Et pour la course du 14 Octobre ils annoncent une magnifique journée comme on a eu toute la semaine.

Je prépare mon vélo dans une superbe ambiance tout le monde semble calme et enthousiaste. Je remarque que plus de 90% des athlètes ici portent leur puce à la cheville gauche (tout comme moi) alors que dans les autres courses 90% la porte à droite. Petit détail qui ne sert a rien mais qui me fait réaliser que tous les athlètes ici présents ne laissent rien au hasard et pensent au moindre détail. Porter la puce à gauche laisse plus de dégagement sur le vélo car les plateaux/chaine sont à droite.

Je croise mon ami Billy en zone de transition, on est ami depuis 2015 grâce à Strava, lorsque l’on préparait l’Ironman de Muskoka. Nous étions tous deux toujours dans les 3 premiers du classement hebdomadaire de l’événement et on se coursait via l’application bien avant de se rencontrer pour la première fois à Muskoka, puis le marathon de Boston cette année et finalement Kona !

En attente du départ

Les athlètes professionnels rentrent dans l’eau vers 6h. Un sas nous sépare des féminines pros et nous ne pouvons malheureusement pas voir les départs. Je croiserai Daniela Ryf, Tim Don, Frederick Van Lierde avant d’entendre les coups de canons pour les départs des pros hommes et femmes. Une fois les féminines pros parties on nous ouvre les portes pour accéder à la zone d’échauffement et de départ qui est dans 30minutes. Je passe donc 20min dans l’eau debout puis me dirige sur la ligne de départ pour patienter les 10 dernieres minutes en nageant sur place.

Concentration d’avant course

L’eau est magnifique, chaude et transparente mais également très salée ! Tous les entraînements que j’ai réalisés cette semaine dans l’océan ont résultés avec un goût horrible dans la bouche à chaque fois, au bout de 40min j’avais la sensation que ma langue était une vieille éponge rassie oubliée pendant 3 semaines dans le fond d’un évier sec.

un supporteur venu encourager

Coup de canon, ca décolle en masse, comme prévu, c’est le bordel, une déferlante de baffes. Généralement dans les départs en masse le peloton s’étire et des groupes se forment assez rapidement. J’imagine que le même effet se produira ici. Mais il n’y a que l’élite des athlètes, donc personne ne laisse un pouce de terrain, pas de politesse et tu as la sensation que le groupe ne s’étire pas pendant les 3800m de nage. Constamment quelqu’un devant, derrière, et de chaque côté.

Feu!

Attraper les pieds d’un autre compétiteur n’est pas compliqué pour drafter, faut il encore trouver le bon ! Je double quelques paires de pieds que je trouve trop lents et je me fais passer également par 3 ou 4 nageurs. J’arrive tant bien que mal à ne pas sortir de ma zone de confort, à nager relativement bien, sans boire trop d’eau et sans trop forcer.

Dans l’action

On a la sensation de nager dans un aquarium salé, tellement l’eau est clair. On voit de temps à autres un bonnet de bain seul dérivant sous la surface de l’eau tel un corps noyé qui n’a pas survécu à la bataille.

Bonnet blanc = athlete pro

Arrive le demi tour à la moitié du parcours, dans la cohue du virage serré je me fais arracher mon bonnet de bain 🙁 dommage cela aurait été un beau souvenir ce bonnet tagué « Ironman World Championship » pour frimer accoudé au mur de la piscine municipale.

Retour sur la jetée

En sortant du demi tour je note un peu moins de monde devant moi et je nage quelques centaines de mètres en tête de mon groupe. Puis rapidement je recolle un autre groupe puis me replace dans les pieds d’un concurrent en poussant de l’épaule un autre athlète qui était déjà en train de drafter la paire de pieds.

On aperçoit rapidement la jetée de Kona que l’on a quittée peu de temps avant, derniers efforts en nage, je me dis que c’était long mais c’est toujours ce que je pense lors de la partie nage d’un Ironman. Je monte les escaliers pour m’extirper de l’eau et regarde ma montre qui m’affiche 1h05. Plutôt bien, à la vue des entrainements natation de ces dernières semaines (plutôt inexistants).

Un volontaire ouvre le zip de la tenue de nage que j’enlève puis je vais chercher mon vélo qui se tient presque seul dans la zone de transition ! Première fois que je trouve le parc à vélo aussi vide en transition 1. Habituellement le parc est vide lorsque je rentre du vélo mais pas quand je commence. D’habitude la grande majorité est encore dans l’eau quand je prends mon vélo, mais aujourd’hui la grande majorité est déjà partie !

après la nage c’est les escaliers

Le début du parcours vélo est assez étroit, de nombreux spectateurs sont là et nous encouragent. Je vois ma femme et des amis qui nous saluent. Puis on monte sur l’autoroute, la fameuse Queen Kaa’. Je passe mon ami Billy, je suis d’ailleurs très surpris de le passer car il est bien meilleur nageur et rouleur que moi. Je savais que je le rattraperai sur la course à pied mais je ne pensais pas le voir avant le marathon ! Je lui demande si ça va et il me dit que oui tout est ok. On discute 30 secondes puis je prends les devants et fait ma course.

un peu de verdure sur le parcours vélo

Sur cette autoroute pas d’abri. Aucun arbre, aucun immeuble. Tu es tout le temps exposé aux vents et au soleil. Sur l’île, du vent et du soleil il y en a en masse. Lorsqu’il fait chaud il est difficile de manger pendant l’effort car la sensation de faim ne se fait pas ressentir, mais il faut tout de même absorber des calories.

En ville

Ma stratégie est de prendre une barre de céréale chaque heure. Je me forcerai de manger selon mon plan. Au final j’ai mangé 4 barres de céréales pour les 4 premières heures puis des gommes Cliffs sur la dernière heure (pour ne pas avoir la digestion d’une barre de céréale sur l’estomac pendant le marathon et tout de même avoir des calories à bruler).

Champs de lave

Mon ami Billy me passe vers le km 60, puis je ne le reverrai pas de toute la partie vélo (sauf au demi tour km 95 où je noterai qu’il a déjà un bon 5min d’avance sur moi) !

On reste couché

On remarque quelques crashs, encore des débris de vélo présents sur la route, parfois des lunettes a plus de $500 par terre, des visières de casque, beaucoup de bidons, des cartouches de CO2, des compteurs GPS, une vraie brocante pas chère pour ceux qui daignent s’arrêter ! Billy me confiera qu’il a lui même laissé échapper son compteur Garmin et que comme tout bon compétiteur l’a laissé pour mort sur le bord de la route sans même se retourner !

Champs de lave

Là où il faut porter une attention particulière c’est pendant les ravitaillements. Des coureurs balancent leurs bouteilles (vides ou pleines) pour en prendre des fraiches. Il faut alors anticiper comment vont rebondir et rouler les rebus ! Un coup de malchance et le bidon d’un autre athlète rebondit contre une table ou poubelle et vient frapper mon pédalier, par chance il n’est pas passé sous ma roue avant ce qui aurait été bien plus dramatique car de surcroît dans ces zones, on ne tient le vélo qu’à une main pour pouvoir se ravitailler de l’autre. En plus il faut gérer les athlètes qui n’arrivent pas à attraper une bouteille et font tomber toutes celles disponibles, ou celui qui ralentit bien trop et que tu dois doubler pendant la zone de ravito, ce qui te fait louper 2 ou 3 occasions d’attraper des bouteilles.

ça semble grimper

Je trouverai le parcours relativement dur, cela serait dû certainement à la chaleur, mais surtout au vent. Habituellement je suis confortable dans les montées et je me démarque nettement des autres dans ces portions, mais c’est surement le fait qu’il n’y ai pas de fort pourcentage ici et surtout que seul le top des athlètes est présent, ce qui me donne l’impression d’être « moyen » ou juste dans le milieu du classement.

ça me rassure, je ne suis pas le seul à m’être retourné!

Sur le retour je sais que j’ai été conservateur sur le vélo, et je remarque que je passe le km 140 en 3h58. Il me reste donc 40km. Je pense que si je sors de mon mode conservateur alors je peux boucler les 180km juste sous les 5h ! 1h à passer à 40km/h. Je baisse la tète et j’arrête de passer le petit plateau. Je sais qu’il faut que je passe chaque 10 km sous les 15min et ce 4 fois de suite. Premier 10km en 14’40’’ parfait le rythme est bon et il n’est pas intenable. Je me dis que si je performe bien sur le vélo je vais même rattraper Billy avant la fin et courir relax avec lui le marathon. Mais le second 10km est fait en plus de 17minutes ! Les dernières belles bosses auront eu raison de moi. Et de surcroît aucun ravitaillement n’est présent dans les derniers 30miles !

encore un peu de ville

Dans les derniers 5 ou 10km du vélo, je croise Lionel Sanders en tête de la course à pied, il est déjà rendu sur la Queen Kaa’ en direction du « Énergie Lab » je lui hurle dessus pour l’encourager et je remarque l’avance incroyable qu’il a sur le reste des pros, je suis convaincu qu’il sera champion de monde comme je l’avais espéré.

Encore un peu de lave

Je relâche donc mon effort pour les 30 derniers kilomètres et me dis que je reverrai Billy sur la course à pied. Je pose le vélo en 5h15 puis je rentre dans la tente pour me changer.

La tente est remplie d’eau au sol. Les athlètes se rafraichissent en s’arrosant tant bien que mal avec des poubelles, remplies d’eau et de glace, placées sur les bords de la tente. Ce qui met de l’eau partout et le sol dépourvu de drain retient cette eau. Je n’ai pas encore fait 100m que mes pompes sont déjà mouillées (j’ai réussi quand même à ne pas complètement les tremper).

Je déteste ça courir avec des chaussettes mouillées. Je sais que la majorité des coureurs aiment s’arroser au possible et je le comprends, mais moi je m’arrange toujours pour éviter que l’eau ne coule pas dans les chaussettes, si je me mouille la tête ou le torse.

La chaleur se fait sentir bien plus qu’à vélo une fois la course commencée, je sens tout de suite le soleil frapper ma nuque. Je commence à très bon rythme 4min/km. Je sais que cela est trop rapide et que je devrais plutôt envisager une vitesse de 4’15’’/km mais mon but est de rattraper Billy pour finir à son rythme, qui sera bien plus relax pour moi. Donc plus je cours vite maintenant plus tôt je pourrai récupérer.

Concentré sur ma foulée

On court sur Alii Drive un aller et retour de 17km ce qui paraît interminable ! Je croise Daniela Ryf seule en tête, et nombreux sont les supporters sur le bord de la route, ce qui aide grandement à courir vite. A ce rythme je dépasse des centaines de compétiteurs et personne ne s’accroche. Je sais que je vais bien trop vite et je ressens déjà de la difficulté et de l’inconfort, au km 6 je commence même à me demander où est Billy. Soudain je le vois qui revient en sens inverse, et lui dis qu’il est trop rapide pour moi, et lui me répond « oh non déjà, tu vas m’écraser ! » Pourtant je ne vois toujours pas le demi tour qui est à la sortie d’un ravitaillement. Donc au final Billy est à 1min ou 1min30 de moi. Je sais que dans moins d’un mile je serai à ces côtés.

à 4min/km (15km/h) sur Ali’i Drive

Les spectateurs ont sorti leurs tuyaux d’arrosage pour rafraîchir les concurrents, et que tu le veuilles ou non ils t’arrosent de la tête aux pieds. Donc je suis complètement trempé malgré moi, bonjour les ampoules ! Finalement au km 12 je rattrape Billy et je coupe mon effort ! ENFIN ! À ce point je suis vraiment ravi de jogger à 5min/km !

Synchronisés

Avec Billy on croise nos conjointes qui nous encouragent et qui joggent un 100m avec nous, je leur demande alors si Lionel est champion du monde et elles m’informent que c’est Patrick Lange ! Assez déçu de la nouvelle je me dis que la course devait tout de même être passionnante à suivre du fait des nombreux rebondissements.

Avec Billy

Arrive la côte de Palini qui est toute une montée et je n’arrive même pas à la courir ! Moi qui adore les côtes ! Puis on arrive sur la Queen Kaa’, pas une seule zone d’ombre pour les 22 derniers kilomètres !

HI 5!

On continue de Jogger tout en discutant, on croise à nouveau Daniela Ryf qui est dans ses 5 derniers kilomètres, je la félicite pour son futur 3eme couronnement. Puis quelques minutes plus tard on croise Jan Frodeno qui nous salue également. Très étonnés de sa contre performance on réalise que même le meilleur athlète au monde peut avoir des défaillances.

Le rythme de course est bien, il oscille entre 4’40’’ et 5’30 au kilo, je suis vraiment à l’aise, et pourrai tenir une journée complète à ce rythme. On traverse le « énergie Lab », et on revient sur nos pas pour les derniers 10km.

Je prendrai toutes les ressources disponibles sur chaque ravito, pour essayer de refroidir mon corps. Les 12 premiers kilomètres ont réellement fait du dommage et je ne retrouverai une bonne condition qu’au kilomètre 16 ou 18 mais déciderai de rester avec Billy jusqu’a la fin. Ce n’est pas 20 ou 40 places de grappillées qui vont changer quoique ce soit, autant rester dans ma zone de confort et profiter agréablement de l’expérience.

Billy tient sa montre GPS dans sa main, question d’habitude apparemment, il n’aime pas l’avoir autour du poignet. Lors d’un ravitaillement en ressortant de l’énergie lab, lorsqu’il se débarrasse d’une éponge ou d’un gobelet il s’écrie vulgairement et se jette sur la poubelle. Je comprends tout de suite qu’avec les déchets il a balancé sa montre dans la poubelle ! Alors qu’il commence à vider celle-ci, je raconte au bénévole ce qu’il vient de se passer et ce dernier vient en aide à Billy qui cette fois ci s’est arrêté pour son GPS. Ils vident tous deux les déchets un par un de l’énorme poubelle jusqu’à ce que Billy réalise qu’il a sa montre entre les dents, depuis le début de la scène ! J’explose de rire, Billy rouge de honte ou par le soleil s’excuse, on repart de plus belle, le pauvre bénévole dépité de ses efforts vains n’a plus qu’à regrouper tous les déchets et les remettre dans la poubelle !

il me manque un bout de mon mollet gauche!

On décompte les miles et également les kilomètres 1 par 1 car Billy lui est vraiment dans le dur! Finalement arrive le dernier mile dans la descente de Palini (descente qui fait bien mal aux orteils et aux ampoules) puis le dernier kilomètre, Billy se sent pousser des ailes et on courra ces derniers 1000m à bon rythme.

Finish line

On passe la ligne ensemble euphoriques, en 10h07. Il me remerciera plusieurs centaines de fois, pour ne pas l’avoir laisser et l’avoir pousser tout au long car sans ça il aurait certainement fini après le coucher du soleil.

Mike Reilly devait être en pause pendant notre arrivée!

On est accueilli par des bénévoles, celui qui m’accompagne est un fan inconditionnel de triathlon, donc devient rapidement mon meilleur ami et il me détaille la course des athlètes hommes professionnels. Puis séance photo finish avec les médailles, pizzas, burgers (USA oblige), massages et la vie reprend là où elle s’est arrêtée quelques heures avant de vivre ces 10heures d’émotions fortes !

Photo souvenir, les cuisses ont bien grillées!
Meilleure équipe support et coucher de soleil Hawaiien
les Britanniques ont eu plus de coups de soleil que moi!

Ironman 140.6 Lake Placid 2017

23 Juillet 2017 Ironman Lake Placid (IM LP). La course principale de l’année. Toute ma préparation depuis octobre 2016 est basée sur cette course, donc gros compte rendu (CR), car les objectifs de performance étaient ambitieux pour cette course.

Je décompose le CR en 4 parties, pour une lecture avec plus de détails ou une lecture plus rapide pour ne lire que la partie qui vous intéresse.

Préparation :

En Octobre 2016, je reprends l’entraînement triathlon après deux mois de repos presque complet. Puis en Novembre avec deux amis nous nous inscrivons à l’ironman de Lake Placid. Je regarde et étudie minutieusement les résultats des athlètes de mon groupe d’âge (30/34ans) des années précédentes sur cet événement. Pour viser le top 3 il faut être capable de nager les 3.8km en +/- 1h, de rouler les 180 km en 5h10 et de courir le marathon sous les 3h15 avec les deux transitions sous les 5min pour finir l’Ironman en 9h30 ce qui devrait me mettre sur le podium. Je me fixe donc comme objectif 9h30 pour cette course.

Je commence par un test FTP fin Octobre (test de puissance sur le vélo) qui me donne une FTP de 266 watts pour 73kg (oui les vacances ont fait mal niveau calories) donc un ratio watts/kg de 3.64w/kg. En course IM 140.6 on estime de faire le vélo entre 70% et 80% pour être capable de courir le marathon derrière. Pour être capable de boucler les 180 km de Lake Placid il faut développer un ratio de 3.5w/kg (+/-). Donc mon ratio est ok si je donne 99% sur le vélo, ce qui n’est pas envisageable !

Je prépares également le marathon de Boston, en me fixant comme objectif entre 2h50 et 2h55, ce qui me donnerait une bonne base de préparation pour être sous les 3h15 sur IM si je respecte les 70%-80% d’intensité sur le vélo. Voir mon CR de Boston.

Pour le vélo, je travaille pour augmenter ma FTP pendant tout l’hiver, le volume augmentant ainsi qu’une meilleure alimentation me fait perdre quelques kg ce qui contribue grandement à mon ration watts/kg. J’exécute en chaque fin de mois un nouveau test FTP (je haïs ça en masse ! c’est tellement dure ce maudit test, ce sont les pires 20 min que j’ai jamais passé !)
Cela me donne:

  • Nov 2016 : 274w / 73kg
  • Déc 2016 : 280w / 72kg
  • Janv 2017 : 296w / 71kg
  • Fév 2017 : 318w / 69kg
  • Avril 2017 : 312w / 69kg
  • Mai 2017 : 299w / 69kg
  • Juin 2017 : 314w / 69kg
  • Juillet 2017 : 323w / 69kg. Ratio = 4.68w/kg

J’arrive donc à Lake Placid avec une FTP de 4.6w/kg, 80% de 4.6 donne 3.7, je suis bien dans mon objectif de pouvoir développer 3.5w/kg pendant 5h. Ne reste plus qu’à savoir si je suis capable de tenir ça et si j’arriverais à bien courir derrière.

Mon profile est donc endurance avec 92% percentile sur des efforts de plus de 3h à 295w, et 30% percentile sur des efforts de 10 secondes à 660w!

Le mois précédant l’IM de LP, j’avais comme course préparatoire l’IM 70.3 de Mont Tremblant. Je savais que pour faire 9h30 sur IM je devais tourner aux alentours de 4h20 sur demi IM. Je m’étais donc fixé comme objectif de courir Mont Tremblant en 4h20 afin de poursuivre ma préparation pour Lake Placid en toute confiance. Lire mon CR de IM 70.3 Mont Tremblant. Comme cette dernière s’est déroulée comme prévu, je poursuis selon mon plan.

Je n’ai parlé à personne que mon objectif principal est de me qualifier pour les championnats du monde IM à Kona (Hawaii), mais ma femme me voyant m’entraîner plus que de coutume et manger principalement des salades à vite percé le secret et a informé tous les médias locaux et nationaux bien entendu, dès que je me rends quelque part, tout le monde me félicite pour « l’exploit » étant donné que personne ne connaît le système pour se qualifier ils pensent que je suis déjà inscrit ou qualifié. Donc plus les jours avancent plus les gens me demandent si je vais à Hawaii alors que IM LP c’est dans 3 mois ! Je n’avais rien dis à personne pour ne pas me mettre de pression, mais les 3 dernières semaines avant IM LP j’étais à vif, sur les nerfs, et je ressentais une certaine pression. D’un naturel calme et sans stress j’ai bien géré cette dernière mais elle exerçait tout de même un poids sur mes épaules.

Niveau nage je m’entraîne entre 4 et 5 fois par semaine, je tombe mon chrono de 100m sous les 1 min 20 secondes, et j’arrive à taper régulièrement des séries de 10x100m avec départs toutes les 1 min 40 secondes. Sur ces séries, chaque 100m est fait entre 1’28’’ et 1’33’’.

Je pourrais détailler plus mes séances d’entrainements et mon planning mais chaque athlète a un plan spécifique, ce qui fonctionne pour moi n’est pas forcément compatible avec un autre athlète même avec un profil similaire.

Je me suis déplacé une seule fois à Lake Placid pour m’y entraîner 3 jours juste 3 semaines avant la course. Aussitôt après mes 3 jours d’entraînement à LP j’ai commencé ma phase d’affûtage pour l’événement. J’arriverai avec mes deux amis et ma femme à Lake Placid le Vendredi après midi pour effectuer la course le Dimanche.

Récapitulatif depuis le 1er Janvier au 20 Juillet 2017: Volume horaire hebdomadaire moyen: 17h15 d’entraînement (12h minimum – 23h maximum)
Nage : 250 km (4 entrainements/semaine dont 10 km en lac)
Vélo : 6 200 km (5 entrainements par semaine dont 5500km sur base d’entraînement)
Course à pied : 1 750 Km (6 entrainements par semaine dont 500 km sur tapis roulant)

Gestion de la course :

Nage

Le but ici est de nager en 1h. La nage étant un rolling start je compte me mettre dans le caisson « 60min et moins », de m’accrocher et advienne que pourra.

Vélo

Pour le vélo, l’objectif est de tourner entre 5h et 5h10. J’embarque une roue pleine a l’arrière, et un profile de 60mm devant, pas de boyau de rechange sur moi juste une clé multifunction (clés hexagonales, dérive chaîne) plus une bombe de pit-stop en cas de crevaison avec des cartouches de CO2). Je laisse un boyau de rechange avec une pompe dans mon sac « special need bike ». Je planifie de manger 250 calories/heure donc 4 barres pour les 4 premières heures plus du Gatorade sur toute la durée du vélo. J’embarque un bidon d’eau derrière la selle une bouteille de Gatorade entre les aérobars. Les chaussures seront déjà clipées sur le vélo. Ici la stratégie est de ne laisser partir personne. Je compte reprendre tout ceux que je peux et je compte également sauter sur chaque attaque pour boucher toutes les tentatives d’échappées. Le parcours étant 50% plat et 50% vallonné, je sais déjà que sur la partie vallonnée c’est moi qui dicterai le rythme à tenir il faudra donc tenir les écarts sur la partie plate.

Course à pied

Pour la course à pied, j’embarque avec moi 3 gels. Objectif entre 3h et 3h10.

Course complète

Objectif de la course sous les 9h30. (Objectif défini et annoncé en Novembre 2016).

Course :

Chaque événement Ironman est particulier, il y a cette ambiance sérieuse et euphorique (pour ma part). Je n’éprouve aucun stress relié au doute d’être finisher ou non, je sais que la distance ne me fait pas peur. Seuls les concurrents présents me feront douter, Serais je assez rapide ? Vais je tenir le rythme imposé ? J’ai vu en regardant la liste des athlètes présents qu’un des triathlètes de mon groupe d’âge est un ex-professionnel sur la distance. C’est sa première année en groupe d’âge et il courra aujourd’hui pour une place à Kona ! Ca me met les nerfs mais ca me motive également de lui démontrer que même les athlètes groupes d’âge sont très compétitifs.

Réveil programmé à 4h, mais on est tous debout à 3h50, la machine café est le premier des appareils à travailler puis le toaster ! Un gros pti déj composé d’une baguette entière multi-grain, beurre de peanuts, confiture, une banane, une bouteille de Gatorade, un verre de jus de betterave et deux bols de café sont avalés dans la bonne humeur, la météo s’annonce clémente et ensoleillée !

On arrive sur site, on se fait marquer, puis on prépare les vélos. J’avais emballé mon cockpit et ma selle d’un sac plastique pour éviter que la rosée matinale n’imprègne les repose-coudes et la selle et ce fut une très bonne idée.

J’ai perdu mes deux compagnons et avec cette foule je ne les retrouverai malheureusement pas pour leur souhaiter une bonne course. Les pros partent à 6h30 et les groupes d’âge à 6h40. J’ai le temps d’effectuer un échauffement de 2 min juste pour ajuster ma combinaison puis me place entre les panneaux « 60min et moins » puis « 1h-1h10 ». On s’élance par vague de 10 athlètes, plusieurs vagues partent devant moi et on s’avance petit à petit vers le lac. On passe à côté de Mike Reilly qui anime cet événement, beaucoup d’athlètes tapent dans sa main avant de plonger dans le lac. Arrive mon tour, on s’enfonce alors dans une eau à 23ºC (combinaison interdite pour les pros et tolérée pour les groupes d’âge).

Une eau calme et du relief en perspective

Dans les 200 premiers mètres je me fais enlever mes lunettes par une femme en surpoids, mais bonne nageuse, en sortant sa main de l’eau elle accroche mes Zoggs puis les relâche, l’élastique se tend puis se relâche et je me les prend en plein dans la face ! Je passe sur le dos, ajuste mes lunettes, maudis cette athlète, puis repasse en crawl mais sans mauvaise intention de lui tirer sur les pieds, je la laisse tranquille. Je trouve au bout de 500m une paire de pied qui semble bien avancer, je me place derrière et me laisser traîner. L’effort est ok, je reste en contrôle, je sais que je peux tenir ce rythme pour les 3.8km. L’athlète fait des accélérations brutales sur 100m puis revient à son rythme de croisière, je boucherai systématiquement toutes les brèches qu’il tentera d’ouvrir sur moi. Lorsqu’il reprend son rythme je touche ses pieds ce qui l’a peut être énervé et ce pourquoi il attaque peut être de temps à autres ou pas ? Parfois les athlètes n’aiment pas se savoir utilisés car j’ai profité de son draft sur 90% de la première boucle. On effectue une sortie à l’australienne (1ere boucle effectuée en 30min) puis on replonge dans le lac pour un deuxième tour, je retrouve la paire de pied que je suis depuis un bon moment puis on rattrape des concurrents qui en sont à leur premier tour ! La différence de niveau est énorme et dans la cohue, la paire de pied en profite pour replacer une énième attaque et je perdrai cette précieuse aide pour effectuer les derniers 1500m. Dommage car le rythme était bon et j’aurais pu sortir de l’eau en 1h si je ne les avais pas perdus! Je nage seul maintenant, il faut que je relève la tête souvent, mais je ne le fais pas assez et frappe un kayak, je suis hors course ! Je corrige donc ma trajectoire et nage en direction des autres compétiteurs pour retrouver les bouées et sort finalement en 1h03

Boucle 1 : 30min (au top), boucle 2 : 33min (dommage car j’étais bien parti). Activité sur Strava.

Cela me classe 24eme de mon groupe d’âge, il y a donc du travail à faire sur le reste du parcours!

Transition Nº1 rien de spécial, je cours vite et passe plein de monde, par contre pour doubler c’est les pieds nus sur le bitume car sur le tapis il y a juste la place pour une personne donc faut pas être sensible de la voûte plantaire.

Personne n’est photogénique avec un bonnet de bain sur la tête

Pour le vélo, objectif entre 5h et 5h10, je me dis que j’ai déjà 3min de retard sur le planning du à la nage (rien de grave mais il ne faut pas accumuler). Donc se sera bien si je fais entre 5h et 5h07 !

J’ai scotché mes temps de passage sur mes aérobarres et je les consulte tous les 10 km, ma montre garmin « lap » automatiquement chaque 10km également, je sais que chaque segment de 10km doit être fait entre 16 et 17minutes.

Entre Lake Placid et Keene

Il y a pas mal de monde à rattraper, ça roule bien sur les parties plates, et j’envoie bien dans les bosses, je respecte mes objectifs (un peu plus rapide que prévu) et boucle le premier tour en 2h27 ce qui me donnerait un vélo en 4h56 si je garde le même rythme !

Attention, je double!

La seconde boucle est un poil plus dure (surement due à la monotonie). Je suis tout seul, personne devant personne derrière. Puis je finis par me faire rattraper à la fin d’une longue partie plate. C’est ce qu’il me fallait pour me réveiller, mais arrivent les bosses et donc je reprends le dessus mais je laisserai aller le concurrent qui ne lâche rien. Il posera le vélo 30 secondes devant moi et nous sortirons de la transition Nº2 côte à côte. Je totalise les 180km en 5h05.

Boucle Nº1 : 2h27, 245 watts, 36,5 km/h, boucle Nº2 : 2h38, 220 watts, 34,4 km/h. Activité sur Strava.

Je pose le vélo en seconde place de mon groupe d’âge et 13eme du général (hors pro).

Ascension en sortant de Jay et en direction de Wilmington

Je ressors de la transition Nº2 accompagné d’un concurrent on passe 20 mètres ensemble et je le décroche rapidement, je commence un peu fort (le parcours est en descente). Je passe le 1er kilomètre en 3’45’’ ! Je retrouve vers le 4eme kilomètre un rythme plus adapté (environ 4min/km). Avant un demi tour je vois des coureurs revenir avec des dossard à 1 ou 2 chiffres (athlètes pro). J’en reconnais certains qui sont mondialement connu, le Canadien Brent Mcmahon est en tête suivi de loin par Andy Potts.

Dépassant un athlète qui finit son 1er tour alors que je termine mon second tour

Puis arrive un gars avec un dossard à 3 chiffres dans le top 5 des athlètes pro ! Je croiserai 2 autres athlètes groupe d’âge avant que j’arrive moi même au demi-tour. Je suis donc 4ème. Le 3ème n’est pas si loin que ça. Laisse tomber les deux premiers il y a 20 min d’écart avec le premier et plus de 8min avec le second. Par contre 2’30’’ me sépare de la 3ème place.

Ce qui est bien quand on court c’est de faire des maths, ca occupe le cerveau et on tortille les nombres dans tous les sens sans se rendre compte des kilomètres qui défilent. Pour estimer ces écarts je regarde ma montre lorsque je croise l’athlète qui revient et je fais la différence lorsque j’arrive au demi tour puis multiplie ce temps par 2. Ce qui me donne l’écart entre lui et moi.

On me dit que le 3eme n’est pas loin et qu’il faut me grouiller!

J’ai depuis 2 ou 3 km une gêne au niveau du tendon d’Achille, un petit caillou entre la chaussure et mon tendon. Juste avant de ressortir d’une zone de ravitaillement je pose un genou a terre pour dégager ce caillou qui me tanne depuis un certain temps, et m’aperçois que je n’ai pas de chaussette ! J’ai du mal l’enfiler en transition ! Elle est sous le niveau de ma chaussure et le talon de ma pompe frotte sur mon tendon. Je tire sur ma chaussette pour recouvrir la peau à vif et repars. Une fois la chaussette bien en place ça ne me dérangera plus de toute la course. Par contre ma chaussette est maintenant fichue (tachée de sang) ainsi que ma chaussure !

If you see me collapse, please, pause my Garmin!

3km après le demi tour j’aperçois le 3ème et me rapproche petit à petit de ma proie. Je planifie minutieusement mon dépassement, pour ne lui laisser aucune chance. Je n’ai aucune envie qu’il s’accroche à moi. Il faut le dégoûter, lui faire savoir d’entrée que ce n’est pas la peine. Je ne veux pas me lancer dans une course à l’usure ou à l’épuisement. Je veux passer propre et net et faire ma course car il reste encore 30km à tenir. Dans un faux plat montant j’effectue mon dépassement, en lui disant une phrase sympathique d’encouragement sans être à bout de souffle accompagné d’un sourire pour lui faire voir/croire que je suis facile dans mon effort. Il me saluera également mais accompagné d’une grimace, ce qui fait transparaître qu’il est déjà dans le dur.

Je continue sur mon très bon rythme et passe le cap des 21km en 1h27. Cette première boucle s’est bien passée, même si j’étais presque tout seul tout au long, je me demandais parfois si j’étais encore sur le circuit ! Puis une fois revenu en ville les spectateurs animent bien la course. Je vois mon épouse qui m’annonce que je suis 2nd. Il faut que je sécurise cette place ! Je sais qu’à ce rythme personne ne va me reprendre. Donc je ne m’inquiète pas.

J’attaque la seconde boucle avec confiance et plusieurs athlètes commencent la première boucle de leur marathon. Le parcours se remplit petit à petit. Mes temps au kilomètre se rallongent de plus en plus ! Je prends un gel chaque 8 km (5 miles) et je prendrai de l’eau à chaque ravito (la moitié que je bois l’autre moitié pour m’arroser le tête). Je sombre de plus en plus, ma montre commence à m’afficher des kilomètres en 4’20’’ puis 4’40’’ et j’ai même vu un kilo en 5’32’’ pour le 39eme km (dans une belle montée, mais quand même)! Juste après ce 39ème km je vois ma femme qui me crie de me grouiller car le 3ème n’est pas loin et qu’il me rattrape ! Le coup de fouet ! Je ne cours pas plus vite mais j’ai l’impression d’être à fond pour ces 3 derniers km. Le 3ème concurrent en question est parti 9min après moi sur le marathon et me reprendra 6min sur ces 42km donc je finirai avec une avance de 5min sur lui. Mais ça, je ne le savais pas encore, je suis en fractionné pour les deux derniers kilomètres, je n’ose même pas me retourner (je n’aurais vu personne cela dit). Puis j’arrive sur la piste de vitesse (ovale) où se situe la ligne d’arrivée, Mike Reilly annonce mon nom, je décide enfin de jeter un œil derrière moi pour découvrir que je suis seul, je passe la ligne euphorique et tremblant !

accueilli par les bénévoles

Le marathon est fait en 3h06 (le tour Nº1 en 1h27 (au top) et le second tour en 1h39). Activité sur Strava.

L’Ironman est bouclé en 9h21, voici les résultats complets. Je serai classé 3eme Overall (hors pros) et 2nd de mon groupe d’âge.

 

Une fois la ligne d’arrivée franchie on me place à une table avec un repas que je partage avec des athlètes pro, chacun raconte sa course et c’est amusant de les entendre se chamailler entre eux. Plusieurs utilisent mon chrono marathon pour signifier aux autres que j’ai réalisé un meilleur marathon qu’eux ! Sur cette course seul 5 pros ont fait moins que 3h06 sur le marathon dont Andy Potts en 3h05’50’’ !

Pour la petite histoire, le Nº1 des groupes d’âge est un ex pro du circuit Ironman, Clay Emge a déjà gagné la première place sur Ironman Boulder. Interview par slowtwitch en anglais.

Le Nº2 Sam Gyde est classé Élite Age Group par Training peak : Lien
Il a déjà participé à l’IM de Kona à plusieurs occasions. Interviewé par solwtwich également

Cérémonie des récompenses :

Le lendemain, le réveil est programmé pour 8h mais tout le monde est déjà debout vers 7h / 7h30. La cafetière est la première à faire du bruit, puis on se tape dans la main avec mes amis en se félicitant encore de l’expérience vécue la veille.
La cérémonie est animée par Mike Reilly, s’en suit le podium des 5 premiers pro, et malheureusement pas de podium général des amateurs. Cela passe direct au podium des groupes d’âge. On nous remet un trophée et une jarre de sirop d’érable locale, puis on passe aux allocations de place pour les championnats du monde à Hawaii. Mike me demande si je souhaite aller à Hawaii et je lui réponds que je le verrai sur place. Prochain rendez vous à l’IM des championnats du monde à Kona !

Cérémonie

Conclusion

Les questions les plus posées par les triathlètes sont: qu’est ce que ça prend pour se qualifier pour Hawaii? Qu’est ce que je dois faire pour me qualifier? et toutes les variantes de questions qui ont pour but final de décrocher sa place sous soleil Hawaiien.

Préparation:

Il ressort qu’un athlète performant est une personne qui n’est pas malade, qui ne se blesse pas et qui prenne le temps de faire la job. Peu importe la situation, cette personne va réussir à s’entraîner malgré tous les aléas de la vie.

Chaque athlète réagit différemment aux entraînements, aux intensités et au volume. Mais si l’on se base sur les statistiques alors un athlète qui réussit à se qualifier pour Kona à une moyenne horaire de 17h d’entraînement par semaine avec peu de junk mile (commute/se rendre à la piscine/aller chercher le pain..).

C’est la régularité qui fera la différence, pas un seul jour de perte de motivation, pas un seul entraînement annulé/reporté, pas une seule journée maladie pas de blessure n’aura stoppé ma préparation pour cet évènement. Quelques rares jours de repos ont étés pris juste avant et après une course majeure, marathon de Boston et IM70.3 Mont Tremblant.

Les jours de repos que j’ai pris entre 1er Janvier et le 23 Juillet

  • 6 janvier (Je ne me souviens pas pourquoi, déplacement pour le travail ou événement familial)
  • 16 Avril (jour précédent le marathon de Boston)
  • 25 Avril (j’avais encore des jambes lourdes depuis Boston, et je voulais un jour complet de repos afin de mieux reprendre l’entraînement)
  • 26 Mai (jour précédent une gran fondo de 160 km)

Sur les 10mois de préparation seuls 4 jours ont étés passés sans “activité” sportive. (Par contre, depuis le 23/07 je prends dorénavant bien plus de repos)!

Forme générale:

L’intensité des entrainements n’est pas très extrèmement haute (oui il y à des efforts en sprint, du VO2max) mais 80% ou 90% du temps ce sont des efforts au seuil, l’IM étant un sport d’endurance, développer sa vitesse maximale sur 15s ou 30s n’est pas une priorité. Le IMC/BMI (Indice de Masse Corporelle ou Body Mass Index) tourne autour de 23.

Nage:

Être capable de nager les 3.8km sous les 1h05 est la “règle générale”. Je vois quelques fois des athlètes nager en 1h10 et réussir un top 3/5, mais c’est relativement rare sauf pour les très bons rouleurs/coureurs.

Vélo:

La FTP doit permettre de finir le vélo dans le top 5, maximum 8, de son groupe d’âge en se basant sur les résultats des années précédentes sur cette même course. Avec l’utilisation de Best Bike Split il est possible de déterminer la FTP nécessaire pour le parcours à effectuer et le temps souhaité. Par exemple, pour cette course, je savais qu’il fallait que je tienne un ratio de 3.5w/kg pour rattraper mon retard en nage.

Course à pied:

Pouvoir courir entre 4’20”/km et 4’40”/km et être aux alentours de 140 pulsations par minutes (dépendamment du groupe d’âge).

Bien Choisir sa course:

Toute cette préparation s’acquiert au fil des mois et des années d’entrainement, il faut également ajouter à tout cela une pincée de chance pour ne pas rencontrer de problème mécanique, de crevaison, de crampes et une météo clémente. Aussi, une liste de participants sans trop d’ex professionnels qui courent dans sa catégorie d’âge aide grandement à ne pas être dans le final du top 10!

Le circuit Ironman offre un large panel de course. Il existe des circuits vallonnés, plats, chauds, humides, nage en lac ou en mer avec ou sans combinaison. Il faut choisir avec parcimonie quel parcours est le plus adapté à son profil.

Tout cela accompagné d’un bon programme d’entraînement avec une grosse dose de motivation devrait suffire pour décrocher le graal! Évidemment il ne faut pas s’attendre à se qualifier lors de son 1er Ironman. A partir du second on à déjà une meilleure idée de ce qu’il nous attend, et le corps s’habitue petit à petit au mileage nécessaire pour ce type d’épreuve.

Estimer son chrono IM 140.6 après un IM 70.3

Beaucoup d’outils (calculateurs/estimateurs) basés sur des tables de résultats nous donnent des coefficients à appliquer pour estimer nos temps de passage, nos allures, nos temps estimés sur marathon ou demi marathon en fonction de notre temps sur un 5k ou 10km. Ces outils ont comme base de calcul des décennies de tables de résultats et ils sont donc assez précises (lorsque la course se passe bien pour l’athlète).

Dans mon article « Calculer ses rythmes », le calculateur vous donne vos allures pour vos entrainements mais il vous donne également vos estimations de chrono sur un 5km, 10km, 21km, 42km en fonction d’une performance déjà réalisée. Il va de soit qu’il est important d’incrémenter une valeur vraie (temps officiel de la course, pas le temps que vous pensez ou celui qu’affiche votre chrono sans les pauses effectuées pendant la course).

Maintenant que le triathlon prend de l’âge, des tables de résultats se dessinent et on commence à avoir plusieurs années de données sur des athlètes et leur performance sur IM 70.3 et IM 140.6. Des courses Ironman organisent même sur le même lieu un IM 70.3 et un IM 140.6 où le parcours est tout simplement doublé (2 boucles à la nage, 2 boucles vélo et 2 boucles de course a pied pour faire d’un IM 70.3 un IM 140.6). L’avantage est que la comparaison est assez fiable avec un parcours qui ne varie pas d’une course à l’autre (revêtement, distance, dénivelé) la seule variable ici est la météo ; vent, pluie, chaleur ; (même variable avec tous les estimateurs/calculateurs).

Deux méthodes sont utilisées pour estimer votre chrono IM140.6 à partir de votre temps 70.3.

A/ La plus simple le coefficient multiplicateur : min=2.101/standard=2.167/max=2.234

  • Temps minimal IM 140.6 = Temps IM 70.3 x 2.101
  • Temps le plus probable IM 140.6 = Temps IM 70.3 x 2.167
  • Temps maximal IM 140.6 = Temps IM 70.3 x 2.234.

B/ L’estimation de chaque sport individuellement (nage/vélo/course), Cette méthode ne prend pas en compte les transitions.

  • Allure de nage IM 70.3 – 4’’/100m
  • Allure vélo IM 70.3 – 2,52km/h
  • Allure course à pied IM 70.3 + 31’7’’/km

Pour effectuer le calcul automatiquement un feuille Excel à renseigner :

Télécharger le calculateur

IM 70.3 Mont Tremblant 2017

Lundi 26 Juin, 5h30am je me réveille. L’esprit frais les yeux grands ouverts, l’adrénaline et les autres endorphines doivent encore faire effet.

Le jour d’avant, le dimanche 25, le réveil sonne à 4h00am et on saute du lit pour se préparer à l’Ironman 70.3 de Mont Tremblant. Ashleigh, Mark, Meng et moi nous nous réunissons autour de la table pour un petit déjeuner de champion sous l’unique son de la machine à café qui prépare la mixture. J’aime le calme des matins de course où l’esprit de chacun est tellement occupé à penser à tout ce qu’il y a à faire et ne rien oublier, que personne ne parle ou presque. C’est comme se retrouver dans une salle de méditation, ou un dojo. Beaucoup d’actions avec peu de mots.

On décolle vers 5h15, quelques moustiques ont le temps de me piquer entre l’appart et la voiture, et on se retrouve en zone de transition pour préparer nos affaires.

 

L’Interceptor est prêt

 

Des pluies d’orage ont sévi toute la soirée, c’est donc sans surprise que l’on retrouve nos vélos complètement trempés (la boite pour stocker la nourriture déborde de flotte et les pads pour poser les coudes sont des vraies éponges).

Petite marche vers l’aire de départ où nous effectuons un petit échauffement dans l’eau, puis nous assistons au départ des athlètes professionnels. Ensuite je me place dans la file d’attente pour accéder à la ligne de départ en « rolling Start » des vagues de 3 concurrents sont relâchés toutes les 2 secondes. Ici mon objectif est de nager sous les 30 minutes. (31’05’’ l’année dernière).

Matin dans le brouillard

Arrive mon tour, avec mes deux voisins nous nous plaçons devant les drapeaux, et cela part au quart de tour, ça court très vite dès le début, j’essaie de suivre comme je peux mes voisins, on s’enfonce dans l’eau et je tente tant bien que mal de rattraper les pieds des gars partis juste devant mais sans succès, je reste avec un athlète à ma gauche et essaie de nager le plus droit possible. Rien de particulier pendant la nage, je reprendrai 2 ou 3 concurents et me ferai passer par 2 ou 3 autres. La nage est calme, on a été vraiment bien espacés, je n’ai pas pris de coup et n’en ai donné aucun.

Acitivité nage sur Strava

Je sortirai de l’eau en 30’05’’ objectif presque atteint ! On se dirige pour ramasser le vélo. Le soleil n’est toujours pas sorti et le vent est plutôt calme. Sur cette partie l’objectif est de tenir un 38km/h de moyenne pour boucler les 90km en 2h20’. J’ai noté mes temps de passage tous les 10km pour suivre au fur et à mesure mon évolution.

on descend les vitesses aussitôt la monté finie

Les conditions météo sont vraiment bizarres, il ne fait pas froid mais c’est limite, je n’arriverai pas à transpirer une seule goutte sur les 90Km ! Tout du moins je n’ai pas eu l’impression de transpirer. Et nombreux sont les athlètes qui ont eu les mêmes sensations que moi ce matin là, plusieurs se sont plaints d’avoir eu froid aux pieds.

Les kilomètres défilent et je suis bien dans mes temps de passage, 10km en 15’, 20km en 31’, 30km en 47’, Je ne bois rien et ne mange pas. Mon plan est de manger 2 barres de céréales (1 toutes les 45minutes), puis 1 gel pour la dernière heure de vélo. Mais n’ayant pas été aux toilettes depuis vendredi matin, c’est avec le ressenti d’un ventre de femme enceinte de 2 ou 3 mois que je dois gérer. Je n’ai vraiment pas faim, je me sens vraiment lourd, et je me frappe le ventre avec mes cuisses à chaque coup de pédale ! Je me force tout de même à manger une barre et c’est tout ce que j’avalerai sur le vélo. Pour l’hydratation, ne perdant aucune goutte de sueur je n’ai aucunement la sensation de soif, et pire j’ai du pisser 4 fois sur le vélo !!! Cela ne m’était jamais arrivé ! Habituellement j’évacue tout par transpiration et aujourd’hui ca ne se passe pas comme prévu, cela est pénible car c’est pas facile d’évacuer en étant posé sur la selle et les aérobares, donc il faut trouver une descente, être debout avec une jambe en bas pour orienter l’écoulement, et évidemment avec la combinaison faisant compression, c’est au compte goute que ca s’évacue, donc c’est vraiment frustrant de devoir faire ca 4 fois ! De ce fait, à 4 reprises je laisse quelques gars partir alors que nous roulions à bon train. Je continue de surveiller mes temps de passage, 40km en 1h03’, 50km en 1h19, au kilomètre 60 j’affiche 1’ de retard sur le temps prévu. Et mon retard continu de se creuser pour au final poser le vélo en 2h24 soit 4’ de plus que prévu.

Chemin Duplessis
Chemin Duplessis

Courte vidéo prise par Ashleigh:

 

Activité vélo sur Strava

 

Pas d’affolement, ca reste une course de préparation, et j’ai tout de même de la marge, si je ne remplis pas mon objectif, comme tout bon triathlète, je remplirai les trous avec des excuses !

Je me dirige pour poser le vélo et me trompe de rangée. Demi tour pour trouver la bonne allée puis je ne trouve pas mon numéro afin d’accrocher mon vélo! Les combinaisons de nage étant déposées sur la tringle pour accrocher les vélos ces dernières recouvraient mon emplacement. J’ordonne un peu la zone de transition (et balance 4 wet- suit par terre) pour poser mon vélo. Et direction la course à pied.

je m’arrete pisser ou je vais tenir encore 10 bornes?

Pour cette dernière partie j’ai envisagé de courir le semi-marathon en 1h25 soit 4’/km. Tout juste en sortant de l’aire de transition le soleil fait son apparition et la chaleur commence à être perceptible. Le début se passe bien, le rythme est bon, encore une envie de pisser qui arrive et quelques rares athlètes devant moi que je reprends doucement un à un. Les kilomètres défilent assez rapidement sans trop me faire mal. Je ne regarde pas mes temps au 5km ni au 10km mais par contre je regarde chaque kilometre, et je suis entre 3’47’’ et 3’55’’/km. Sans me rendre compte, je me dirige vers une de mes meilleures performances sur la distance !

on court lorsque les 2 pieds ne touchent plus le sol, sinon c’est de la marche

Arrive le demi tour et à ce moment le soleil tape assez fort, je prends à peine une gorgé d’eau à chaque ravitaillement et m’arrose avec les restes du gobelet, mon estomac est toujours plein, et je traine mon ventre de femme enceinte, depuis le début de la course à pied, j’ai une envie de pisser qui s’aggrave de kilomètre en kilomètre. Au 17ème je ne visualise plus la ligne d’arrivée mais un arbre pour soulager ma vessie ! et de ce point kilométrique 17 je décompte 1 à 1 les kilomètres restants, 18ème, 19ème puis 20ème j’aperçois un concurent le ratrappe et arrive à 10 mètres de lui dans l’avant dernière bosse. Cette portion est remplie de spectateurs qui hurlent, j’attaque avec tout ce que j’ai et passe l’athlète sous les cris et les acclamations, je cours à vive allure la descente et également la dernière montée que j’effectue du mieux que je peux sans me retourner et direction la ligne d’arrivée. Les 500 derniers mètres sont faits à un rythme effréné de peur de me faire reprendre mais le gap que j’ai ouvert ne sera pas refermé. Je passe la ligne et arrête ma montre qui affiche 4h20’. Et c’est avec une joie immense que je crie mon contentement. Contrat rempli.

Activité course Strava

Le demi marathon est couru en 1h20 soit 3’50’’/km. Je suis vraiment satisfait de ma performance, je suis accueilli par une horde de bénévoles pour me féliciter, me donner une médaille, une casquette et me demander comment cela c’est passé mais je file direct trouver un endroit pour soulager ma vessie ! Puis on se retrouve autour d’une poutine avec plusieurs athlètes pour un debrifing de la course.

Plus tard j’apprendrai que je me classe 3ème de mon groupe d’âge, avec le meilleur temps en course à pied (même meilleur que plusieurs athlètes professionnels).

Avec mes amis on a eu la chance de nous entretenir avec le champion Lionel Sanders avant la cérémonie des podiums. Et c’est sous la pluie que nous célébrerons et retrouvons notre chemin vers montréal.

Meng, Mark, Lionel, Olive et Steff
Mark, Ashleigh, Meng et moi
Podium AG 30-34
Frimer, c’est permis!

Préparation pour la course en bref

Depuis le début de l’année 2017 :

  • Nage : 88 activités, 242km, 101h
  • Vélo : 130 activités, 5300km, 175h
  • Course à pied : 154 activités, 1500km, 122h
  • Musculation : 3 activités, 2hrs

Taper durant la semaine de la course :

  • Lundi : Course à pied relax (10km en 50’) + 1h Vélo turbo trainer (Gimenez), VO2Max intervalles
  • Mardi : Course à pied relax (6km en 30’) + nage 40min avec 10x100m départ toutes les 1’40’’
  • Mercredi : Course à pied (8km avec 4x1km allure 10km) + 1h de vélo SST (Sufferfest : 9 hammers)
  • Jeudi : Nage en eau libre 15min
  • Vendredi : Nage en eau libre 30min + course à pied 5km relax
  • Samedi : Nage en eau libre 30min
  • Dimanche : IM 70.3 Mont-Tremblant

Nutrition durant la semaine de la course :

  • Lundi : Alimentation normale (petit déjeuner léger, salade pour le midi et le soir).
  • Mardi : Alimentation normale (petit déjeuner léger, salade pour le midi et le soir).
  • Mercredi : Alimentation normale (petit déjeuner léger, salade pour le midi et le soir).
  • Jeudi : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ), lunch léger, entrecôte de bœuf le soir.
  • Vendredi : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ), lunch léger, pizza + grosse salade le soir.
  • Samedi : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ), pâtes en quantité au lunch, 2 plats de pâtes le soir.
  • Dimanche : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ) + cookies + une bouteille de Gatorade.

La semaine de taper a vraiment bien fonctionnée, je réappliquerai cette dernière lors des prochains évènements. D’un autre coté la partie nutrition a été mal planifiée. Je compte garder un “gros” apport en féculents les 3 jours précédents l’évènement mais diminuer la quantité pour éviter d’avoir à subir les mêmes problèmes la prochaine fois.

Boston Marathon 2017

Introduction

Course tant attendue, que ce mythique marathon de Boston ! Le 17 Avril 2017. Ce marathon a la particularité d’être de renommée mondiale et aussi assez tôt dans le calendrier. Deux bons arguments pour me motiver à y aller. L’année dernière je m’étais présenté sur le marathon d’Ottawa fin Mai et je m’étais grillé les jambes pour les premiers triathlons car Ottawa est bien plus tard dans le calendrier !

Préparation

Par contre un marathon au mois d’Avril, cela signifie une préparation hivernale, donc 90% de mes entraînements sont faits sur tapis roulant. Le gym où je vais ne dispose pas d’air climatisé ni même d’une bonne ventilation, les 16 semaines d’entraînement se passent bien, j’inonde de transpiration les tapis roulants à chaque session mais je me conforte en me disant que si le jour de la course il fait chaud et que cela surprend tout le monde au moins je serai prêt. Par contre un gros doute sur ma vitesse de course à l’extérieur. Je ne ferai que 3 sorties à mon rythme marathon à l’extérieur la semaine précédent le marathon (des intervalles de 5 min à 20 min à l’allure marathon qui se sont bien passés).

Pré-couse Samedi et Dimanche

Je passe le weekend chez des amis qui résident à Boston. Ils connaissent tous deux très bien le parcours et l’ont même fait à plusieurs reprises. Ils m’expliquent tout en détails, cela semble fantastique. On prend nos dossards dès le samedi matin 9h (dès l’ouverture de l’expo) après avoir fait une petite course à pied spéciale Boston.

Lien strava

Récupérer son dossard dès l’ouverture fût une excellente idée car lorsque nous sommes ressortis de l’expo la file d’attente était tellement longue qu’elle s’étendait de l’intérieur du hall d’expo jusque dans la rue !

On profite de l’expo en testant pas mal de produits et en achats de vêtements à l’effigie de la course puis un petit tour de vélo dans Boston pour faire un peu de tourisme et la journée passe vite.

Dimanche, repos ! On célèbre pâques avec les familles respectives de mes amis, et on mange toute la journée ! On ne rentre pas trop tard et on prépare nos sacs et affaires pour le lendemain.

Jour J

Le réveille sonne à 6h30 mais je suis déjà debout depuis 6h10, un vrai enfant un 26 décembre. Petit déjeuner habituel, on prend nos affaires et on appelle Uber pour qu’il nous amène aux navettes de l’organisation. On dépose nos sacs d’après course puis on prend une navette vers 8h (l’orga me conseillait 6h pour ma vague de départ, mais arriver à 7h sur la zone de départ pour ne commencer qu’à 10h c’est un peu absurde). Nous arrivons sur la zone de de départ à 9h, rapide photo de groupe et un tour au pipi room qui prend 55 min d’attente et c’est en trottinant à bon rythme que je rentre dans mon caisson de départ à 9h59 !

J’allume la Garmin et le décompte des 10 dernières secondes est déjà lancé.

La course

10h coup de pistolet ca part gentiment, un peu de trop, étant arrivé dernier dans mon caisson je subi le rythme donc pas le choix de rester derrière pour le moment car le pack est vraiment condensé. Mon objectif est de rester autour des 4min au km pour la première moitié et 3’55’’/km pour la seconde moitié. Mais, force est de constater que ce ne sera pas possible pour au moins les deux premiers kilomètres. Le rythme imposé est un peu plus lent mais rien de grave. Dès le 3eme kilomètre j’arrive à courir à mes allures souhaitées. Du coup j’essaie de boucher mes secondes de retard. Le soleil est de la partie, il fait beau et chaud, des ravitaillements en eau et boisson sport sont là tous les miles. Les kilomètres défilent à Vitesse grand v. Et je me surprends à voir déjà le cap des 10km sur ma montre. Les spectateurs sont extrêmement nombreux tout le long du parcours et hurlent à pleins poumons. Je slalome beaucoup pour dépasser, tantôt tout à droite et tantôt tout a gauche de la route. Je me dis que je vais avoir plus que 42.2km à zig-zager de la sorte.

Je surveille mes temps de passage, je suis constant, pile poil 20 min pour chaque 5km.

Le parcours est plaisant, la météo au top et les spectateurs sont infatigables et ils nous encouragent constamment. Je passe le 21eme kilomètre en 1h24, puis arrivent les fameuses montés de Heartbreak hill qui se passent sans problème. Puis les 5 derniers miles, je reste en contrôle, je surveille le rythme tout se passe à merveille. Pendant l’ensemble de la course je n’ai gardé qu’une seule et unique idée en tête “je suis en contrôle” je me suis répété ça à nombreuses reprises sous différents angles et je reste convaincu que j’étais et je suis resté pendant toute la course en contrôle.

Finalement on rentre dans Boston, mes jambes sont lourdes et douloureuses, mais rien à voir avec mon précédent marathon où je décomptais les kilomètres un par un. Ici ca va, je suis vraiment en contrôle. On aperçoit la ligne d’arrivée au loin, je regarde ma montre 2:48:28 aller 1’30’’ pour finir sous les 2h50 !! La ligne semble loin mais faut le tenter alors je sprinte, ma montre à déjà 42.2km et je cours les derniers 300-500m en 3’25’’/km mais cela ne suffira pas et passe la ligne en 2:50:01. Fatigué et bien content, avec un kilometrage de 42,4km (mes amis aussi ont eu un milage de 26,4 au lieu de 26,2 miles prévus)

Lien Strava

Post course

Une longue marche nous attend pour récupérer nos sacs déposés quelques heures auparavant, se faire enrouler dans une couverture de survie, se faire servir un lunch sur le pouce, une médaille et une photo finish le tout avec beaucoup de félicitations. Je retrouve mes amis, on se félicite et direction le steak house pour tous aller manger un veggie burger frites avec une bière. Le métro de Boston est gratuit pour les coureurs, on rentrera donc à l’appartement par ce moyen de transport avant de ressortir pour une fête post Boston Marathon.

Camp d’entraînement triathlon Mont-Tremblant

Camp d’entraînement triathlon du 2 au 4 juin 2017 à Mont-Tremblant (Qc).

3 jours d’entrainements, axés nage, vélo, course à pied, nutrition, stratégie de course, matériel et mécanique.

Ce camp est idéal pour:

Progresser en triathlon,

Mettre du volume dans votre plan d’entraînement,

Évaluer votre niveau de forme, et le comparer aux autres athlètes.

Tester votre nutrition de course, apprendre et découvrir sur le sujet,

Tester votre matériel, apprendre sur les nouveautés et les essentiels à avoir en course,

Optimiser votre stratégie de course, et en apprendre de nouvelles.

Programme:

Il sera adapté en fonction des objectifs et de la capacité de chacun.


Vendredi 2 Juin: 


10h – 12h: Arrivée à Mont-Tremblant, installation des athlètes

12h – 13h: Lunch

13h – 14h: Nage en eau libre

14h – 18h: Vélo, entre 40 km et 60 km, sur la boucle du IM 70.3

18h – 19h: Course à pied avec exercices spécifiques

19h – 20h: Cours mécanique vélo et discussion matériel

20h: Dîner


Samedi 3 Juin:


7h – 8h: Petit déjeuner

8h – 14h: vélo entre 90 km et 120 km

14h – 15h: Lunch

15h – 16h: Cours sur la nutrition

16h – 17h: Nage en eau libre

17h – 18h: course à pied

19h: Dîner


Dimanche 4 Juin:


7h – 8h: Petit déjeuner

8h – 9h: Nage en eau libre

9h – 12h: vélo entre 40 km et 60 km sur la boucle du IM 70.3

12h – 13h: Course à pied

13h – 14h: Lunch

14h – 16h: Cours sur la stratégie de course et autres points non abordés pendant la fin de semaine

16h: départ de Mont-Tremblant


Lieu de l’évènement:


Mont-Tremblant (Qc)


Encadrement:


Entraîneur: Olivier

Chef cuisinière et responsable de la partie nutrition: Jessica de healthysiblingfoodies


Tarifs:


Tarif pour les 3 jours avec hébergement et repas: $420

Tarif pour les 3 jours sans hébergement ni repas: $180

Tarif à la journée sans hébergement ni repas: $70


Conditions:


Tous les prix sont en dollar Canadien, les taxes sont comprises dans les prix

Prévoir votre nourriture pendant les activitées sportives (gels/barres/sandwiches/snacks/boissons d’effort)

La prestation ne comprends pas les déplacements jusqu’à Mont-Tremblant, ni le retour, ni les déplacements sur place pour accéder au gîte/lac/etc

Prévoir des kits de réparation pour votre vélo, des vêtements de pluie, crème solaire, avoir un vélo révisé et en bon état

Être prudent et respectueux d’autruis, respecter le code de la route (les routes seront ouvertes à la circulation) avoir l’esprit sportif amical et l’entraide entre les athlètes est de mise.


Inscription


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L’inscription sera prise en compte lorsque le formulaire complété sera envoyé et que les frais seront payés.

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