IM 70.3 Maine 2018

                             IronMaine

IM 70.3 Maine : ma meilleure performance et ma pire infortune mais une fin heureuse!

Course principale de l’année, l’Ironman 70.3 de Maine était pour ma part, attendue de longue date. La préparation a été minutieusement appliquée, j’ai étudié la « start list » (liste des athlètes enregistrés au départ). Je note deux ou trois noms qui ressortent du lot dont Laurent G Robert, qui, 2 mois plus tôt avait fini 1min devant moi à l’Ironman 70.3 de Mont Tremblant.

Le pier de Old Orchard

Pour cette course, je suis prêt, l’entraînement c’est intensifié ces dernières semaines et je suis confiant pour faire un chrono qui me donnera une 1ere ou maximum 2eme place dans ma catégorie (ce qui me classerait également sur le podium général, car ma catégorie est la plus compétitive sur ce format de challenge). L’objectif numéro 1 ici est donc de me qualifier pour les championnats du monde Ironman 70.3 en 2019 à Nice, France.

Massage d’avant course

Chaque course Ironman a des places allouées pour une grande finale (les championnats du monde). Pour la distance Ironman 140.6 c’est chaque année à Kona, Hawaii (USA) et pour les IM 70.3 la ville change chaque année. IM 70.3 Maine est la première course de l’année qualificative pour Nice. Mon podium à Tremblant en Juin dernier me permettait de me qualifier pour les mondiaux Ironman 70.3 de cette année (pour 2018 la course étant en Afrique du Sud mon intérêt est moindre que de rentrer au pays pour 2019). Maine offre 30 places qualificatives pour l’ensemble des 2500 athlètes, beaucoup de catégories n’auront qu’une place à se disputer, cette place est allouée aux premiers et je sais que ma catégorie (30/34 ans) est l’une des catégories les plus représentées (en nombre d’athlètes) avec celle des hommes 35/40 ans. Donc généralement ma tranche d’âge offre 2 places. Je ne laisse pas de place à la chance et vise le top 2 de mon groupe d’âge.

Un selfie pour les fans

Pour ce faire, en me basant sur les résultats de l’année précédente je vise environ 30min pour la nage, 2h15 sur le vélo, 1h20 pour le demi -marathon et 5 min de transitions pour un total de 4h10.

Je fais la route Montréal – à Old Orchard Beach le vendredi avec une amie. On y retrouve un autre groupe d’amis avec lesquels on a loué une maison pour nous accueillir tous les 6. Vendredi en fin d’après-midi on s’essaye à la nage dans l’atlantique les vents sont bien présents à cette heure de la journée et les vagues également. L’eau n’est pas aussi froide que dans mes souvenirs et c’est ok de nager sans combinaison, tant que tu nages et reste actif. L’eau n’est pas autant salé qu’ à Hawaii, mais par contre les courants sont bien plus forts, je n’arrive pas à nager le long des bouées déjà installées pour la course de Dimanche, je me retrouve systématiquement déporté de la ligne de course. J’essaye de travailler sur le moment où je peux regarder devant moi pour m’orienter car avec les vagues si tu lèves la tête dans le creux de celles-ci alors c’est peine perdue car la prochaine bouée ne sera pas visible. Le retour vers le rivage demande beaucoup d’énergie et de patience. C’est très frustrant de nager fort et de sentir les courants te tirer  en arrière à se demander si ça sert a quelque chose de travailler si fort pour avoir la sensation de faire du sur place!

 

Un après-midi à la plage

Comme à mon habitude je mange plus que de raison… des assiettes de pâtes qui débordent et je me plains après chaque repas « aahhhh!!!!!! J’ai trop mangé »

On se prépare et on pose les vélos le samedi, on profite un peu de la ville et de la plage. La journée passe vite et je me retrouve au lit vers 22h car le réveil est programmé pour 3h20.

Bay watch

Courte nuit, et dans la pleine pénombre j’entends un bruit qui me sort du sommeil avec fracas, je pense qu’un des gars est tombé de son lit superposé. Je regarde l’heure 3h00. Je ne vais pas me rendormir pour 20min car ce serait encore plus dur de se lever. Donc je me prépare gentiment, j’aime bien prendre mon temps le matin. Petit déjeuner englouti puis on part de la maison à 4h15 juste comme prévu. On arrive sur l’aire de transition vers les 5h pour préparer nos affaires, chaussures de vélo, de course à pied, la nutrition, gonfler les pneus, graisser la chaîne et plein de petits préparatifs… Chacun est dans sa routine de pré-course et au milieu de cette foule on est tous séparés. Je me dirige vers la zone de départ pour tester la température de l’eau, je retrouve deux de mes amis, on nage un 100m d’échauffement pendant que l’hymne américain est joué puis on se place sur la zone de départ au milieu de la plage.

Zone de transition

6h20, dimanche 26 Août 2018, le vent est encore calme ainsi que les vagues, l’animateur au micro hurle le décompte des 10 dernières secondes puis un coup de canon donne le départ de la première vague d’athlètes qui s’élance vers l’océan. Je me suis placé dans la seconde vague : 27 à 30min. Je sais d’expérience que de démarrer sur la plage n’est pas idéal. Tu es au repos en attente le cœur est autour de 50bpm ou 70bpm pour les stressés, tu sprintes comme un dingue sous le feu d’un coup de canon et une fois à bout de souffle (ce qui arrive bien plus rapidement que tu ne le penses) tu te mets à nager tout en essayant de reprendre ton souffle et de faire redescendre le cœur. C’est une très mauvaise idée sauf si tu veux louper ton départ de nage et boire pas mal de flotte tout en faisant une mini crise de panique avec un paquet de types qui te giflent en même temps. Donc ici l’idée est de courir, mais de courir intelligemment. Je me dis que faire monter mon cœur pendant l’échauffement aurait été une bonne idée mais c’est trop tard. Une demi-minute après le départ de la première vague d’environ 50 athlètes arrive notre tour. On s’élance, j’essaye de ne pas partir trop vite mais les autres athlètes autour de toi qui te dépassent n’aident pas à te limiter…  Ajoute le poids de l’eau, la non stabilité du sable et la force des vagues s’écrasant sur toi, des petits détails qui agacent. On court en sortant les pattes sur le côté (type aile de pigeon) afin de faciliter le mouvement du retour de pied en avant, je n’imagine pas ceux qui ont des problèmes de genoux! Je plonge sous les vagues avant qu’elles ne se brisent, puis quand je sens que le cœur est trop haut et que cela sera contre-productif je ne me relève pas et commence ma nage suite à un plongeon. Les deux trois premiers coups de bras je me dis que ça va prendre longtemps avant de redescendre le cœur et de nager propre… mais au final ça n’aura duré que deux trois coup de bras! J’ai bien dosé mon effort et je suis à l’aise (ce n’est pas une promenade dans le parc, ça reste une course, pour un podium avec 2500 autres athlètes énervés).

On s’aligne pour le départ

La nage se passe relativement bien, partant dans les 100 premiers il n’y a pas grand monde autour de moi et très peu de barrage subaquatique. Je continue ma progression en prenant mon mal en patience. Je nage car il faut nager mais ce n’est pas la discipline ou je prends un grand plaisir. Mais c’est correct, j’apprécie tout de même cette portion, puis aujourd’hui ça se passe assez vite. Je sens ma montre qui vibre m’annonçant les premiers 500m de fait. ¼ du parcours nage! Puis un autre 500m et encore un. Je sais qu’il nous reste moins de 500m à parcourir pour boucler ces 1900m de nage, maintenant on nage à contre-courant en essayant de regagner la plage de Old Orchard. Au loin je vois les drapeaux et les spectateurs et je me dis go-go-go. Je ressens également le courant qui me fait littéralement nager sur place! On ne voit pas le fond car L’eau est trop trouble donc cela peut être qu’une impression, mais à bien des reprises cette sensation de pagayer comme un dingue pour ne faire que du sur place est bien présente. Extrêmement frustrant ce ressenti!! Pas grand-chose à faire ici, juste continuer son effort, contre les éléments il faut s’armer de patience, de courage et de ténacité ça va bien finir par pousser dans l’autre sens. Effectivement lorsque les vagues ne se retirent pas elles te poussent et cela fait du bien au moral et aux bras! Les bouées se passent moins vite sur ces derniers 400m mais finalement mes doigts commencent à racler le fond de l’eau! Je me redresse et commence une course/marche pour m’extirper de l’eau encore en essayant de courir tout croche pour le retour aérien au-dessus de l’eau de mes jambes. Je jette un œil sur ma montre et lis 37min. Je me dis que la journée commence vraiment mal et que je suis vraiment nul en natation. Je regarde de nouveau car le chrono me surprend et je lis 27min ! Je suis tellement habitué à nager cette distance en 30min que je ne pensais pas possible de tomber le chrono si bas! Il faut encore s’extirper de l’eau, remonter la plage mais je sais que ça ne va pas me prendre 3min, ce sera donc un temps de nage sous les 30min!

Les triathletes en action

Puis on traverse un bout de la ville pour aller chercher nos vélos, la route pour accéder à la zone de transition est assez longue, on traverse même des voies ferrées et je me réjouis que l’horaire de ma sortie nage ne corresponde pas avec le passage d’un train.

Sortie de la nage

Je saute sur mon vélo, et comme à mon habitude (je n’y coupe pas) je sens que ma roue arrière est à plat! Horreur, malheur, je fais quoi? Ça m’arrive systématique cette sensation, mais là, cela semble réel! Je freine pour m’arrêter, relâche les freins, j’hésite… Et je me dis que si j’hésite alors c’est non. (C’est ma méthode de prise de décisions dans la vie) Dois-je aller à l’hôpital? Est-ce que ça me gêne? Dois-je lui demander? Ce genre de questions ou l’on ne sait pas  trop… Si je dois aller à l’hôpital c’est que la question ne se pose pas! Ici pareil si je dois m’arrêter c’est que le pneu sort de la jante, donc au premier virage qui est dans 20m je serai fixé sur le sort de ma roue arrière. Bref comme à mon habitude ce n’est qu’une sensation! Les virages s’enchaînent bien et je ne repenserai pas à ce pneu de toute la course.

Début du vélo

Objectif 40km/h de moyenne ou plus pendant 90km. Cette vitesse est facile à suivre (pas facile à tenir) mais les calculs des temps de passage sont très simples : chaque 10km en 15min! Donc 20km en 30min, 30km en 45min, etc etc… super simple!

Le premier 10km est réalisé en 15’08’’ le second en 14’44’’ et je surveille ainsi mon rythme chaque 10km pour ajuster le prochain segment en fonction du précédent. Le parcours est très roulant, la route est de très bonne qualité et j’ai un gros paquet d’athlètes (109 personnes) qui nagent bien mieux que moi à rattraper. La remontée se passe bien, je bois mon gatorade (boisson sport) de temps à autre et me force à manger quelques bonbons car je n’ai vraiment pas faim  à cause de mes 3 ou 4 précédents repas…

Je ne toucherais pas à ma bouteille d’eau, et à peine deux petits morceaux d’une barre de céréale, sur les 90km j’aurais mangé un quart d’une barre plus 6 ou 10 bonbons et 1,2L de gatorade. Sur un ravitaillement j’essaye de prendre une bouteille d’eau, je me dis que je peux en boire quelques gorgées et balancer le reste aussitôt, quand tu passes, lancé à plus 40 km/h et frappe la bouteille à pleine main tenue par une bénévole de 11 ou 12 ans immobile ce n’est pas si simple que ça. La bouteille est partie en vrille aussitôt! Au moins, j’aurais essayé!  Je tiens à m’excuser auprès de tous les bénévoles s’ils se sont fait arroser par ma faute!

Suite à ça, une ou deux minutes après ce ravitaillement je me fais doubler par un athlète (première fois depuis le début que je me fais passer) je lis 34 (son âge) sur son mollet. Ni une ni deux mon cerveau allume et je me dis de ne pas le laisser  partir, car il est dans ma catégorie. Je laisse les 10 mètres réglementaires, roule mais un autre me passe (genre 40ans ou plus) et se rabat juste devant moi, il ferme le gap entre lui et le premier compétiteur. je me redresse coupe mon effort et laisse l’espace réglementaire requis. Puis ça continue…. En fait c’est un groupe de 6 athlètes qui roulent en peloton! Seul le premier est réglo, Ce n’est pas bien grave, des tricheurs il y en a partout, et le gars de ma catégorie ne triche pas, lui il fournit l’effort donc je laisse faire. Ce qui m’ennuie c’est que le 6ème est aussi dans ma catégorie… Bref je me retourne j’ai deux athlètes derrière moi qui roulent suffisamment loin;. Je ne traîne pas un ruban à mesurer avec moi mais ça semble correct, rien à voir avec les 5 gars devant qui profitent de l’effort du leader. Ça roule 2 à 3 min comme ça, je garde mes distances, encore une fois impossible de noter précisément les 10m de distance, mais quand tu vois le peloton devant moi il n’y a pas de doute sur la légalité de la situation. Mon but est de garder ce pack à portée de tir et de ne pas le laisser partir.

Au même moment, arrive une moto à mon niveau. Je vois le conducteur, et un arbitre derrière lui. J’opine de la tête pour un bonjour amical et un sourire (j’imagine qu’il s’apprête à sanctionner le peloton devant), l’arbitre sort un carton bleu et me dit « Blue card, stop at the next penality tent » je re-souris cette fois ci en lui montrant toutes mes dents sous l’incohérence de la situation, en pensant à une mauvaise blague. Il me répète Carton bleu, arrête toi à la prochaine tente de pénalité. Je demande pourquoi, montre le groupe compact de 6 cyclistes qui sont à plus de 10m devant mais la moto accélère et part sans me donner de motif. Je l’insulte lui et sa famille sur 4 générations en lui disant de pas trainer proche de la ligne d’arrivée une fois la course finie… Bref carton bleu, ça doit être une pénalité « stop and go » on s’immobilise et on repart aussitôt. Peut-être que la bouteille d’eau au ravito est mal tombée, a rebondi et cela a pu gêner quelqu’un, peut être a t-il jugé que je ne descellerais pas assez vite lorsque je me faisais doubler pour laisser les 10 mètres. Puis la moto s’immobilise au carrefour suivant laissant le peloton de 6 coureurs sans être inquiété!

Grosse incohérence, gros énervement, je suis fort déçu de cet abruti d’arbitre. On passe le carrefour l’athlète derrière moi hurle sur l’arbitre, je comprends que lui aussi s’est fait allumer sans raison. Je garde le groupe de 6 devant moi cette fois-ci j’ai un minimum de 50m de distance…. Ça roule bien je remarque que c’est toujours le même athlète devant ce pack. Puis km 80 je brule une cartouche et passe le pack complet, pousse mon effort sur l’extrême gauche de la route afin de ne pas leur donner un poil de draft. Je me retourne, le trou est fait, je reviens sur mon effort « normal » je sais qu’une poignée de secondes seront suffisantes pour effectuer ma pénalité et partir sur la course à pied avec eux. Je tiens bien la distance sur le pack puis me fait reprendre dans les 2 derniers kilomètres, le même athlète qui mène le groupe me passe, je coupe/relâche l’effort pour lui laisser l’espace réglementaire suffisant, et bien avant un espace de 10m j’en vois un autre qui me passe! Ben là! Je relance mon effort, coupe la route de l’athlète je l’insulte et lui conseille de pas me passer, qu’il a suffisamment profité de  la situation.

Je passe et me fait repasser par le leader du groupe, on a le même niveau en vélo et cela nous tire mutuellement, systématiquement les distances sont respectées, on a même ouvert un gap sur les 5 gars. Avoir su ça plus tôt,  j’aurais volontairement « travaillé » avec lui réglementairement pour faire sauter les 5 autres. La zone de transition arrive, je vois la tente de pénalité, m’y arrête leur donne mon numéro et la couleur du carton reçu.

Verdict 5 min de pénalité.  Je m’effondre, je pleure, je crie, je pleure.

Je sais que ma course est finie, mon objectif d’aller à Nice part avec ces 5min… Ma dernière course en tant que compétition sérieuse… Maintenant que je vais être papa je sais que mes prochaines compétitions je les prendrais relax… Je me reconcentre, j’essaie de me convaincre que ce n’est pas fini, plein de choses peuvent arriver. Les deux gars qui étaient derrière moi arrivent et s’arrêtent eux aussi. Ils me disent que la pénalité c’est n’importe quoi. Moi je ne comprends toujours pas le motif et surtout pourquoi le pack de 5 n’a rien eu  je trouve cela injuste. 5min c’est long… Vraiment long. Pendant tout ce temps je réalise également la difficulté des bénévoles sous la tente.. Leur job est de faire subir des pénalités qu’ils n’ont pas attribuées à des adultes énervés qui méritent ou non leur peine. Je m’excuse de mon attitude d’enfant, avoir pleuré devant eux créant un malaise, et eux me remercient d’être resté polis et de ne pas les avoir insulté comme nombreux le font..

Puis finalement je suis relâché, je pose le vélo et pars courir. Je sais que les gars ici présents sont rapides. 36 athlètes sont encore devant moi dont 13 dans ma catégorie…

Comme ils disent en Québécois, j’l’ai en chienne cette pénalité! Donc je cours en tabernacle. Le circuit est vraiment sympa, on a deux boucles à faire. Je le pensais beaucoup plus plat je suis surpris par tous les faux plats présents. Je rattrape petit à petit pas mal de concurrents. Le soleil et la chaleur se font ressentir de plus en plus. Je vois le leader de l’Ironman et pas besoin de faire de calcul il a une avance que je ne pourrais combler, je reconnais également Laurent Robert, qui semble dans le dur, ce qui me motive encore plus d’aller le chercher. Je passe le kilomètre 10 en 38min, et j’attaque la seconde boucle. Nombreux sont les participants sur cette deuxième boucle car beaucoup en sont à leur premier tour, il est maintenant difficile de distinguer qui en est où.

Même dans les montées ça semble aller vite

Puis je reconnais vers le km 15 le gars de mon groupe d’âge qui roulait bien sur le vélo, je le passe, puis km 17 l’autre gars de mon groupe d’âge qui profitait du draft du peloton (Numero de dossard 1345, Gabe Dakowicz, pour ne pas le citer). Finalement un peu de justice! Certains endroits sont assez étroits et c’est difficile de doubler (personne ne me doublera par contre). Finalement je passe l’arche d’arrivée avec un super chrono pour le demi marathon, meilleur chrono de course à pied de mon groupe d’âge, mais fort déçu du résultat final. J’aurais tout de même passé 28 triathlètes sur la course à pied.

Les derniers 50m

Sur la ligne je vois un ami qui était là en spectateur, on regarde les résultats sur son téléphone, et l’horreur, je me place 8ème général, et 4ème de ma catégorie. J’accuse 1 minute et 50 secondes de retard sur le second de ma catégorie! Moins de 2min de mon objectif principal moins de 5 min du podium général.

En passant la ligne

Je repars chercher mes affaires, je pleure toujours fort déçu, je ne comprends pas pourquoi se faire mal ainsi, investir autant, pour louper son objectif de la sorte. Je ressens vraiment un sentiment d’injustice. Je fais mon deuil en quelques minutes puis je suis, et encourage mes amis qui sont toujours en course. Je croise lors d’un de mes nombreux aller et retour Laurent Robert qui finit 3eme dans mon groupe d’âge, on jase un peu et il me dit que lui n’est pas intéressé pour un place aux championnats du monde en 2019 (il a déjà d’autres impératifs). Une lueur d’espoir renaît en moi!

Si un des deux premiers de ma catégorie refuse également sa place, alors j’ai une petite chance (si Ironman offre 2 places dans mon groupe) d’avoir ma place. Cela fait encore beaucoup de « si » à éliminer. Mes amis arrivent au compte goutte, on se félicite, on se raconte nos anecdotes, puis 15h arrivent enfin. Ayant fini ma course vers 10h30 je trouvais le temps long! La cérémonie des podiums est interminable…. Arrive mon groupe d’âge, on se rend sur le podium, et le 2nd n’est pas présent! Est-ce qu’il est déjà rentré chez lui? (option la plus probable, mais pas la seule). Donc mes chances augmentent! La probabilité qu’il soit parti se restaurer  et qu’il se pointe plus tard pour réclamer son trophée et son slot (place pour Nice) et grande aussi. Puis le vainqueur du haut de la première marche nous annonce qu’il ne prendra pas sa place! Lorsqu’il redescend on se serre la main et je le serre fort dans mes bras en le remerciant. Très ému, des larmes de joie coulent sur mes joues,  mes amis dans la foule comprennent alors ce qui se passe même s’ils ne peuvent entendre notre conversation. Marie Ève se met à pleurer également en me serrant dans ses bras. Puis j’attends patiemment la répartition des lots… plus d’une heure s’écoule pour qu’arrive mon groupe d’âge, ils appellent le premier (qui est déjà rentré chez lui, une fois, deux fois, trois fois, suivant, ils appellent le second, même scénario, pour Laurent pareil, puis enfin mon nom! Délivrance, et je file chercher et payer mon inscription pour les championnats du monde Ironman 70.3 de Nice 2019.

Podium

 

Je retourne en ville trouver mon autre groupe d’amis qui était resté dans le centre. Je leur annonce la nouvelle, tout le monde est vraiment content,  Émilie saute partout et se met à pleurer aussi!

J’ai finalement eu ce que j’étais venu chercher

6h de route nous attendent pour retourner à Montréal, une longue route surtout quand on est debout depuis 3h du matin, un demi IM de logé, et une journée pleine de hauts de et de bas, avec beaucoup d’émotions et de bonheurs partagés.

Prochain achat?

 

4 réponses

  1. Super compte-rendu! Désolée d’avoir manqué tout ça, j’ai fini ma course un peu trop tard pour t’encourager sur le podium… Mais bravo encore, cette course a semblé être une torture mentale! Profite de ton temps en tant que papa, la prochaine fois que tu passeras la ligne d’arrivée… Tu auras un supporter de plus 🙂

  2. Bravo bien joué
    Tu as été plus fort que ces « saloperies » de pénalités injustes.
    Repose toi bien et bonne récup

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