IM 70.3 Mont Tremblant 2017

Lundi 26 Juin, 5h30am je me réveille. L’esprit frais les yeux grands ouverts, l’adrénaline et les autres endorphines doivent encore faire effet.

Le jour d’avant, le dimanche 25, le réveil sonne à 4h00am et on saute du lit pour se préparer à l’Ironman 70.3 de Mont Tremblant. Ashleigh, Mark, Meng et moi nous nous réunissons autour de la table pour un petit déjeuner de champion sous l’unique son de la machine à café qui prépare la mixture. J’aime le calme des matins de course où l’esprit de chacun est tellement occupé à penser à tout ce qu’il y a à faire et ne rien oublier, que personne ne parle ou presque. C’est comme se retrouver dans une salle de méditation, ou un dojo. Beaucoup d’actions avec peu de mots.

On décolle vers 5h15, quelques moustiques ont le temps de me piquer entre l’appart et la voiture, et on se retrouve en zone de transition pour préparer nos affaires.

 

L’Interceptor est prêt

 

Des pluies d’orage ont sévi toute la soirée, c’est donc sans surprise que l’on retrouve nos vélos complètement trempés (la boite pour stocker la nourriture déborde de flotte et les pads pour poser les coudes sont des vraies éponges).

Petite marche vers l’aire de départ où nous effectuons un petit échauffement dans l’eau, puis nous assistons au départ des athlètes professionnels. Ensuite je me place dans la file d’attente pour accéder à la ligne de départ en « rolling Start » des vagues de 3 concurrents sont relâchés toutes les 2 secondes. Ici mon objectif est de nager sous les 30 minutes. (31’05’’ l’année dernière).

Matin dans le brouillard

Arrive mon tour, avec mes deux voisins nous nous plaçons devant les drapeaux, et cela part au quart de tour, ça court très vite dès le début, j’essaie de suivre comme je peux mes voisins, on s’enfonce dans l’eau et je tente tant bien que mal de rattraper les pieds des gars partis juste devant mais sans succès, je reste avec un athlète à ma gauche et essaie de nager le plus droit possible. Rien de particulier pendant la nage, je reprendrai 2 ou 3 concurents et me ferai passer par 2 ou 3 autres. La nage est calme, on a été vraiment bien espacés, je n’ai pas pris de coup et n’en ai donné aucun.

Acitivité nage sur Strava

Je sortirai de l’eau en 30’05’’ objectif presque atteint ! On se dirige pour ramasser le vélo. Le soleil n’est toujours pas sorti et le vent est plutôt calme. Sur cette partie l’objectif est de tenir un 38km/h de moyenne pour boucler les 90km en 2h20’. J’ai noté mes temps de passage tous les 10km pour suivre au fur et à mesure mon évolution.

on descend les vitesses aussitôt la monté finie

Les conditions météo sont vraiment bizarres, il ne fait pas froid mais c’est limite, je n’arriverai pas à transpirer une seule goutte sur les 90Km ! Tout du moins je n’ai pas eu l’impression de transpirer. Et nombreux sont les athlètes qui ont eu les mêmes sensations que moi ce matin là, plusieurs se sont plaints d’avoir eu froid aux pieds.

Les kilomètres défilent et je suis bien dans mes temps de passage, 10km en 15’, 20km en 31’, 30km en 47’, Je ne bois rien et ne mange pas. Mon plan est de manger 2 barres de céréales (1 toutes les 45minutes), puis 1 gel pour la dernière heure de vélo. Mais n’ayant pas été aux toilettes depuis vendredi matin, c’est avec le ressenti d’un ventre de femme enceinte de 2 ou 3 mois que je dois gérer. Je n’ai vraiment pas faim, je me sens vraiment lourd, et je me frappe le ventre avec mes cuisses à chaque coup de pédale ! Je me force tout de même à manger une barre et c’est tout ce que j’avalerai sur le vélo. Pour l’hydratation, ne perdant aucune goutte de sueur je n’ai aucunement la sensation de soif, et pire j’ai du pisser 4 fois sur le vélo !!! Cela ne m’était jamais arrivé ! Habituellement j’évacue tout par transpiration et aujourd’hui ca ne se passe pas comme prévu, cela est pénible car c’est pas facile d’évacuer en étant posé sur la selle et les aérobares, donc il faut trouver une descente, être debout avec une jambe en bas pour orienter l’écoulement, et évidemment avec la combinaison faisant compression, c’est au compte goute que ca s’évacue, donc c’est vraiment frustrant de devoir faire ca 4 fois ! De ce fait, à 4 reprises je laisse quelques gars partir alors que nous roulions à bon train. Je continue de surveiller mes temps de passage, 40km en 1h03’, 50km en 1h19, au kilomètre 60 j’affiche 1’ de retard sur le temps prévu. Et mon retard continu de se creuser pour au final poser le vélo en 2h24 soit 4’ de plus que prévu.

Chemin Duplessis
Chemin Duplessis

Courte vidéo prise par Ashleigh:

 

Activité vélo sur Strava

 

Pas d’affolement, ca reste une course de préparation, et j’ai tout de même de la marge, si je ne remplis pas mon objectif, comme tout bon triathlète, je remplirai les trous avec des excuses !

Je me dirige pour poser le vélo et me trompe de rangée. Demi tour pour trouver la bonne allée puis je ne trouve pas mon numéro afin d’accrocher mon vélo! Les combinaisons de nage étant déposées sur la tringle pour accrocher les vélos ces dernières recouvraient mon emplacement. J’ordonne un peu la zone de transition (et balance 4 wet- suit par terre) pour poser mon vélo. Et direction la course à pied.

je m’arrete pisser ou je vais tenir encore 10 bornes?

Pour cette dernière partie j’ai envisagé de courir le semi-marathon en 1h25 soit 4’/km. Tout juste en sortant de l’aire de transition le soleil fait son apparition et la chaleur commence à être perceptible. Le début se passe bien, le rythme est bon, encore une envie de pisser qui arrive et quelques rares athlètes devant moi que je reprends doucement un à un. Les kilomètres défilent assez rapidement sans trop me faire mal. Je ne regarde pas mes temps au 5km ni au 10km mais par contre je regarde chaque kilometre, et je suis entre 3’47’’ et 3’55’’/km. Sans me rendre compte, je me dirige vers une de mes meilleures performances sur la distance !

on court lorsque les 2 pieds ne touchent plus le sol, sinon c’est de la marche

Arrive le demi tour et à ce moment le soleil tape assez fort, je prends à peine une gorgé d’eau à chaque ravitaillement et m’arrose avec les restes du gobelet, mon estomac est toujours plein, et je traine mon ventre de femme enceinte, depuis le début de la course à pied, j’ai une envie de pisser qui s’aggrave de kilomètre en kilomètre. Au 17ème je ne visualise plus la ligne d’arrivée mais un arbre pour soulager ma vessie ! et de ce point kilométrique 17 je décompte 1 à 1 les kilomètres restants, 18ème, 19ème puis 20ème j’aperçois un concurent le ratrappe et arrive à 10 mètres de lui dans l’avant dernière bosse. Cette portion est remplie de spectateurs qui hurlent, j’attaque avec tout ce que j’ai et passe l’athlète sous les cris et les acclamations, je cours à vive allure la descente et également la dernière montée que j’effectue du mieux que je peux sans me retourner et direction la ligne d’arrivée. Les 500 derniers mètres sont faits à un rythme effréné de peur de me faire reprendre mais le gap que j’ai ouvert ne sera pas refermé. Je passe la ligne et arrête ma montre qui affiche 4h20’. Et c’est avec une joie immense que je crie mon contentement. Contrat rempli.

Activité course Strava

Le demi marathon est couru en 1h20 soit 3’50’’/km. Je suis vraiment satisfait de ma performance, je suis accueilli par une horde de bénévoles pour me féliciter, me donner une médaille, une casquette et me demander comment cela c’est passé mais je file direct trouver un endroit pour soulager ma vessie ! Puis on se retrouve autour d’une poutine avec plusieurs athlètes pour un debrifing de la course.

Plus tard j’apprendrai que je me classe 3ème de mon groupe d’âge, avec le meilleur temps en course à pied (même meilleur que plusieurs athlètes professionnels).

Avec mes amis on a eu la chance de nous entretenir avec le champion Lionel Sanders avant la cérémonie des podiums. Et c’est sous la pluie que nous célébrerons et retrouvons notre chemin vers montréal.

Meng, Mark, Lionel, Olive et Steff
Mark, Ashleigh, Meng et moi
Podium AG 30-34
Frimer, c’est permis!

Préparation pour la course en bref

Depuis le début de l’année 2017 :

  • Nage : 88 activités, 242km, 101h
  • Vélo : 130 activités, 5300km, 175h
  • Course à pied : 154 activités, 1500km, 122h
  • Musculation : 3 activités, 2hrs

Taper durant la semaine de la course :

  • Lundi : Course à pied relax (10km en 50’) + 1h Vélo turbo trainer (Gimenez), VO2Max intervalles
  • Mardi : Course à pied relax (6km en 30’) + nage 40min avec 10x100m départ toutes les 1’40’’
  • Mercredi : Course à pied (8km avec 4x1km allure 10km) + 1h de vélo SST (Sufferfest : 9 hammers)
  • Jeudi : Nage en eau libre 15min
  • Vendredi : Nage en eau libre 30min + course à pied 5km relax
  • Samedi : Nage en eau libre 30min
  • Dimanche : IM 70.3 Mont-Tremblant

Nutrition durant la semaine de la course :

  • Lundi : Alimentation normale (petit déjeuner léger, salade pour le midi et le soir).
  • Mardi : Alimentation normale (petit déjeuner léger, salade pour le midi et le soir).
  • Mercredi : Alimentation normale (petit déjeuner léger, salade pour le midi et le soir).
  • Jeudi : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ), lunch léger, entrecôte de bœuf le soir.
  • Vendredi : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ), lunch léger, pizza + grosse salade le soir.
  • Samedi : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ), pâtes en quantité au lunch, 2 plats de pâtes le soir.
  • Dimanche : gros petit déjeuner (1 baguette entière PBJ) + cookies + une bouteille de Gatorade.

La semaine de taper a vraiment bien fonctionnée, je réappliquerai cette dernière lors des prochains évènements. D’un autre coté la partie nutrition a été mal planifiée. Je compte garder un “gros” apport en féculents les 3 jours précédents l’évènement mais diminuer la quantité pour éviter d’avoir à subir les mêmes problèmes la prochaine fois.

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