Ironman 70.3 Mont Tremblant 2018

Premier triathlon de l’année, gros enjeux et beaucoup de doutes!

photo de Marie Ève

Préambule

Mont Tremblant est la référence pour tous les afficionados du triathlon au Québec. Le parcours est tout un défi de par son dénivelé, le décor est magnifique et l’emplacement est idéal. Tout cela fait que la compétition y est particulièrement féroce. L’enjeu est « gros » car l’an passé j’ai réalisé une belle performance et suis monté sur la boîte (3ème place), donc tous mes amis et proches n’en attendent pas moins pour cette édition 2018… Étant le triathlon le plus populaire du Québec, bien entendu, la majorité de mes amis triathlètes sont présents et même ceux de Boston ont fait le déplacement pour, eux aussi, y participer.

Avec Lindsey de Boston!

Niveau entrainements j’accuse un retard par rapport à l’année dernière de 400km en course à pied, 2500km de moins en vélo et 200km de retard en nage!!! Impressionnant comment en 2017 j’ai réussi à loger tout ça!  Donc c’est avec une certaine appréhension que j’aborde cette compétition mais je vise tout de même une belle performance : je vais essayer d’égaler mon précédent résultat (4h20). L’an passé le vélo ne s’était pas passé comme prévu donc cette année je vise le chrono loupé de l’an dernier (2h20). Cette année également, les chronos en course à pied passent mieux que ceux de 2017, c’est sur la course à pied où je n’ai aucun doute pour cette course. Donc à minima je réitère mon semi en 1h20! Puis par contre pour la nage c’est « sauve qui peut » car sur cette discipline l’entrainement est vraiment minimaliste cette année (200km de moins que l’année dernière!!!!).

Selfie avec une pro!

Pré-course

Un événement IM ça prend 2 jours et demi. Donc on arrive sur les lieux du crime le Vendredi en début d’après-midi, on prend nos dossards, les autocollants pour mettre sur le vélo, on mange des pâtes midi et soir, on nage relaxe, ajuste le vélo tous les jours et ce jusqu’au samedi. La météo est belle pas de stress, l’ambiance est électrique on a tous hâte d’être Dimanche matin. Je pose le vélo Samedi vers 14h, je lui souhaite une bonne journée ainsi qu’une bonne nuit et direction la plage du lac pour une dernière nage relaxe. S’en suit un repos au chalet de 16h jusqu’au petit matin.

En bout de première ligne
Seulement pour les athlètes pro! #jaloux

Course

Réveille 4h, pti déj, et à 4h30 on est dans le char. 5h nous sommes devant l’aire de transition qui n’ouvre qu’à 5h15. C’est bien la première fois que j’arrive avant que la zone de transition ne soit ouverte, pour dire l’anxiété! On installe nos petites affaires et en route pour l’aire de départ.

Préparatifs du matin

Échauffement rapide (100m à peine), hymne national, jets supersoniques puis départ des pros. 4 pipis avant le départ, je me rappelle que l’an passé j’avais du pisser 3 ou 4 fois sur le vélo et je sens encore le même scénario se reproduire vu le rythme où cela commence. Je me place avec un ami derrière 50 athlètes. J’espère sortir de l’eau autour des 30min (un peu comme l’an passé). On se jette dans l’eau, je me cale dans les pieds/bulles d’un autre athlète. Je nagerai 50% dans le draft de quelqu’un et 50% seul, ça se passe bien, je sais que l’effort est tenable mais je reste sur ce rythme d’endurance sans pousser trop fort. Le temps passe pas vite mais à force de patience je commence à apercevoir le fond du lac, je me dis que la terre ferme est pas loin. Puis lorsque mes doigts grattent le fond je me redresse et m’extirpe de l’eau. Ma montre affiche 29’59’’ bien content de ma nage le chrono officiel annonce 30’30’’ le temps de passer sur le capteur physique posé au sol.

Jolie vue des nageurs en action dans le lac
Sortie de l’eau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’attrape le vélo, saute dessus et c’est parti pour 90km. Sur cette portion, l’objectif (optimiste) est de tenir 38km/h de moyenne soit 2h20 pour les 90km. Le parcours est borné chaque 10km comme habituellement et ma montre GPS sonne tous les 10km en affichant mon chrono sur ces 10km. Je sais que pour tenir ma moyenne je dois passer chaque 10km entre 15 et 16 minutes.

J’essaye de ratrapper mon retard

Les premières minutes sur le vélo sont un peu bizarres. Je remarque souvent cette sensation au début de la portion vélo d’un triathlon : Les premiers kilomètres paraissent lents, je me demande si je n’ai pas un pneu à plat car j’ai constamment l’impression de forcer sans aucune impression de vitesse. Cela doit être dû au temps d’activation des quadriceps et des muscles jambiers en général, plus le sang qui doit principalement alimenter les épaules et le haut du corps suite à la nage. Je n’ai pas la sensation de vitesse pourtant, je ne me fais pas dépasser. La borne « 10km » arrive la montre bip et affiche 15’03’’ je me dis que c’est parfait, je ne transpire toujours pas, mais la combinaison sèche. Nous sommes maintenant sur l’autoroute, je commence à grignoter un peu et continue sur mon allure. Je passe le km 20 en 31min juste comme prévu. Maintenant les gouttes de sueurs ruissellent sous le casque mais j’ai connu bien pire, ce n’est pas encore une pluie tropicale à l’intérieur du casque comme les grosses journées chaudes et humides du climat Québécois. Le Km 30 passe en 46’50’’, km 40 en 1h02. C’est vraiment agréable lorsque tout se passe comme prévu selon le plan! Je roule bien et ne force pas outre mesure, je regrette même maintenant de ne pas avoir poussé plus fort que ça, car j’ai « l’impression » d’être resté dans ma zone de confort tout au long de la course. Km 50 passe en 1h16 (j’ai donc 2min d’avance sur ma cible), j’en profite et j’essaye de ne pas perdre cette avance. Un athlète me passe, il a une combinaison de L’équipe nationale du Canada avec son nom « Boule » tagué dessus et j’essaie de me caler à son rythme, je le garderai en point de mire pendant 10km mais il roule bien trop fort pour moi pour le garder à portée de vue. (Cet athlète remporte le triathlon chez les groupes d’âges en 4h04). Km 60 est passé en 1h31, j’ai toujours mes 2min d’avance. Un autre athlète me passe, il est d’un profil grand, lourd et puissant. Une combinaison nationale également représentant le pays « AUS » Je me questionne si c’est l’Autriche ou l’Australie et essaye tant bien que mal de ne pas le perdre de vue. Sur le plat sa vitesse et intenable pour moi, mais je le rattrape et le passe systématiquement dans chaque montée. On joue au chat et à la souris pendant 20km, il me dépose et s’en va quelques minutes avant les 20 derniers kilomètres : Le Chemin Duplessis.

à l’entrée du Ch Duplessis

Cette portion est la hantise de la majorité des participants d’aujourd’hui, personne ne peut ignorer ce morceau de route. Rien de plat pendant 20km, en fin de parcours. Ma partie préférée. Je me suis préservé 70km juste pour m’exprimer ici. De surcroît ce petit chemin est rempli de spectateurs qui te hurlent dessus! Des sensations d’étape du tour de France (même si j’ai jamais connu ça en tant que coureur). Tous ces petits détails mis bout à bout font que dès l’entrée dans le chemin Duplessis je suis debout sur le vélo à la limite d’arracher mon guidon tellement je tire fort dessus et je dépasse tous les athlètes devant moi qui se contentent de me regarder passer.

Faut le prendre relax de temps à autres

Je rattrape peu à peu l’athlète « AUS » puis le dépasse finalement dans l’une des nombreuses bosses. Le km 80 passe en 2h05 (1min d’avance sur mon chrono cible). Et je lâche ce qu’il me reste d’énergie pour les 10 derniers kilomètres. Finalement dans les 300 derniers mètres l’ « AUS » me repasse et je prends ça comme un challenge! Vu sa carrure il part avec un handicap sur la course à pied.

Dans Duplessis le sticker sur ma roue pleine s’est déchiré #rouletropvite!

Je pose mon vélo en 2h18 soit 38.6km/h de moyenne. Je suis vraiment satisfait. J’ai une place pour accrocher mon vélo en bout de première rangée, une place VIP, vraiment la meilleure place de tout le parc à vélo! Je réalise rapidement que 30 min de nage (plus ou moins) + 2h18 de vélo alors je n’ai pas besoin de forcer pour ma course à pied pour aller chercher le podium. Je n’ai pas la mentalité à me faire mal si ce n’est pas nécessaire. Donc parti sur cette base là je cours sur un bon rythme mais pas sur un rythme effréné pour aller chercher une première place…

Derniers km de vélo

L’athlète « AUS » sort 10 mètres devant moi à pied et 10 mètres plus loin je suis devant, je ne le reverrai pas de la journée, le challenge a été de courte durée. Je vois 4 athlètes devant assez éloignés qui courent sur un bon rythme, et au 5ème kilomètre je les aurai passé tous les 4.

hop
hop
hop

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De légères douleurs à l’estomac sont présentes pour les deux trois premiers kilomètres mais rien de trop dérangeant je sens et espère que ça va passer vite, surement du à mes barres de céréales sur le vélo que je n’ai pas assez mastiqué ou prises trop tard? Mais effectivement cela ne durera que 2 ou 3 km.

ça semble être un rythme correct
Pas pire non plus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 7 premiers kilomètres sont couru en 3’45’’/km, religieusement 3’45’’! Puis la monotonie du parcours ou la lassitude d’être seul, les km 8 à 16 sont couru en 3’50’’ ou 4’/km! Mais personne ne me double et je double les athlètes (Hommes et femmes) professionnels partis 5 à 10min avant nous les groupes d’âges. On ressort du petit train du nord, alors je retrouve des côtes, des spectateurs et mon rythme de 3’45’’/km pour les 4 derniers kilomètres. Je suis pourtant assez à l’aise (je ne suis pas facile hein! Mais quand même confortable). Je discute quelques mots lorsque je passe quelqu’un, remercie les bénévoles qui nous fournissent des ravitaillements et également les personnes qui encouragent. Je croise nombreux de mes amis qui courent en sens inverse, on se tape dans la main, on s’encourage et toujours avec un grand sourire. Le dernier kilomètre je pousse finalement fort dans les deux dernières montées et souffle fort (malgré que nul besoin) surement pour casser un peu la monotonie majoritairement silencieuse de toute ma course ou bien surement pour me faire remarquer car les gens s’écrient à m’entendre souffler ainsi et m’encouragent encore plus!

Je passe la ligne d’arrivée assez frais comparé aux autres compétiteurs autour de moi en 4h14, le speaker annonce que je me place quatrième de mon groupe d’âge. Je me sens nul, moi qui ai couru sans me faire mal pour me placer 4ème… Quel nul! Je suis fort déçu de ne pas être sorti de ma zone de confort, même pas capable de monter sur la boite avec un temps de 4h14! Je trouve une personne jouant sur son téléphone et lui demande de regarder les résultats en direct en rentrant mon numéro de dossard. Nous découvrons alors que je me place 2nd à 68 secondes du 1er et 2 secondes devant le 3ème! Je me sens un peu mieux tout de même et retrouve le sourire, bien que légèrement déçu de ne pas m’être battu pour courir 2min plus rapide! Mais pendant la course il n’est pas possible de savoir où l’on se situe alors c’est difficile de jauger son effort. Je cours tout de même le demi marathon en 1h21 (1min plus lent que l’an passé, alors que j’ai pourtant progressé en course à pied, mais l’année dernière je savais que j’étais en retard sur mon chrono espéré).

Poduim 30-34 ans

Je vais me faire masser avec comme voisin de table de massage Brent McMahon qui termine 3ème professionnel en 3h45! On se retrouve avec les amis sous la tente de récupération, on se prend dans les bras, on se tape dans le dos, on se félicite et on mange une poutine. Encore une belle édition de l’Ironman 70.3 de Mont Tremblant.

Lyndz
Suz et Mark
Avec le sourire apres l’effort!

 

Récupération des vélos, cérémonie des récompenses et retour à la maison. Le lendemain et les jours suivants pas ou très peu de courbatures! La préparation a encore été optimale!

Trophé

Pour la bouffe le jour de la course:

Petit déjeuner entre 4h et 4h30 :

  • 1/2 litre de jus de betterave
  • 2 cafés,
  • Une demi-baguette avec beurre de peanuts (Crunchy of course) + confitures,
  • Une part de pecan pie, (Merci mademoiselle pour la tarte)
  • 1 red bull, 1 gatorade.

Ensuite, un gel 10min avant la nage.

Sur le vélo, j’ai mis dans ma bento box (boite sur le cadre) 2 barres de céréales (cliff bar) en morceaux (même taille que des pop-corn) donc vraiment morceler les barres et tout mettre, sans aucun papier dans la bento box + un sachet (sans le papier) des cliff blocs. La stratégie était de manger les morceaux de barres de céréales pendant les 90 premières minutes et les blocs sur la dernière heure (les blocs sont moins lourd a digérer que les barres). Plus un litre de gatorade et un litre d’eau sur l’ensemble du parcours vélo.

J’aime le comparatif au popcorn car le concept est fabuleux, le film au cinéma n’est toujours pas commencé que le paquet de pop-corn est déjà vide! Fantastique concept! Donc j’applique les mêmes règles :

  • Avoir ça juste sous le nez,
  • Zéro papier,
  • Petit format de bouchées.

Au final j’aurais mangé 1 barre et demie plus la moitié des cliff blocs. J’ai eu une légère gène sur les premiers 1500m de la course à pied mais rien de méchant ça ne m’a pas empêché de tenir un 3’45’’ dès les premiers kilomètres. Cela est plus dû au fait que je ne mastique pas assez, même si les bouchées sont petites il faut vraiment mastiquer + saliver ou boire en même temps pour aider la digestion.

Sur la course à pied comme d’habitude, 1 gel aux 8km, une gorgée d’eau à chaque ravito.

Conseil pratique : Si tu adopte cette solution, bien nettoyer la bento box par la suite si tu laisses ton vélo coucher dehors car sinon les écureuils vont venir te la bouffer :

Free buffet!

1 réponse

Laisser un commentaire